Les impôts à Monaco pour les étrangers et les sociétés en 2026
Pas d'impôt sur le revenu depuis 1869, mais le ticket d'entrée coûte plus cher que les impôts de n'importe quel pays voisin. Chaque prélèvement de 2026 expliqué : 0 % sur les salaires et le capital, 25 % d'impôt sur les bénéfices pour les sociétés au chiffre d'affaires étranger, TVA de 20 %, droits de 4,75 % à l'achat d'un appartement, cotisations sociales d'environ un tiers de la masse salariale, et ce qui attend les résidents fiscaux russes propriétaires d'une société monégasque.

En bref : en 2026, un résident de Monaco ne paie ni impôt sur le revenu, ni impôt sur les plus-values, ni impôt sur la fortune, ni droits de succession au profit des enfants ou du conjoint. Paient en revanche : les sociétés au chiffre d'affaires étranger, 25 % sur les bénéfices ; les acheteurs de logements, 4,75 % de droits ; les employeurs, environ 33 % de cotisations sur les salaires ; et tout le monde, 20 % de TVA dans les prix. La seule exception au zéro concerne les citoyens français.
Les taux d'imposition à Monaco en 2026 : l'essentiel
Monaco ne prélève plus d'impôt sur le revenu des personnes depuis 1869, date à laquelle une ordonnance du prince Charles III l'a supprimé, il y a 157 ans, et aucun gouvernement n'a tenté de le rétablir depuis. Il n'y a pas non plus d'impôt sur la fortune, de taxe foncière annuelle, d'impôt sur les plus-values ni de droits de succession entre parents et enfants. L'État vit de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) : elle apporte environ la moitié d'un budget 2026 voté avec 2,2 milliards d'euros de recettes.
Ce n'est pas gratuit pour autant. Une société qui réalise plus d'un quart de son chiffre d'affaires hors de la Principauté paie 25 % d'impôt sur les bénéfices, le même taux qu'en France. L'achat d'un appartement coûte 4,75 % de droits d'enregistrement en plus du prix, ou 10 % si l'acheteur est une structure opaque. Les employeurs versent environ un tiers de chaque salaire aux caisses sociales. Et le poste le plus cher est le ticket d'entrée : sans appartement à Monaco ni compte bancaire au solde conséquent, la carte de séjour n'est pas délivrée.
Le seul impôt direct de la Principauté est l'impôt sur les bénéfices des entreprises industrielles et commerciales (ISB). Tout le reste relève des impôts indirects, des droits et des cotisations. Voici tous les taux 2026 selon les textes en vigueur : l'ordonnance souveraine n° 3.152 du 19 mars 1964 sur l'impôt sur les bénéfices, le Code des taxes sur le chiffre d'affaires, la loi n° 1.548 du 6 juillet 2023 sur les droits d'enregistrement et les barèmes des Caisses sociales de Monaco en vigueur depuis le 1er octobre 2025.
| Impôt | Taux 2026 | Qui paie et sur quoi |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu des personnes | 0 % | Résidents de toute nationalité sauf les citoyens français, qui paient l'impôt français en vertu de la convention de 1963 |
| Plus-values, fortune, taxe annuelle sur le logement | aucun | N'existent pas pour les particuliers, ni sur les actions, ni sur l'immobilier, ni sur les cryptoactifs |
| Impôt sur les bénéfices (ISB) | 25 % | Sociétés réalisant 25 % ou plus de leur chiffre d'affaires hors de Monaco, et sociétés percevant des revenus de brevets ou de droits d'auteur |
| Impôt sur les bénéfices des sociétés nouvelles | 0 % pendant deux ans, puis 6,25 %, 12,5 %, 18,75 % | Cinq premières années après la création ; le taux plein de 25 % à partir de la sixième année |
| TVA | 20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 % | Mêmes taux et règles qu'en France ; franchise jusqu'à 85 000 € (biens) ou 37 500 € (services) de chiffre d'affaires annuel |
| Cotisations sociales patronales | environ 33 % | Maladie et famille 13,45 %, retraite 8,33 %, retraite complémentaire 6-15 %, chômage 4 %, toutes plafonnées |
| Cotisations sociales salariales | environ 14 % | Retraite 6,85 %, retraite complémentaire 4-10 %, chômage 2,4 % |
| Droits sur l'achat immobilier | 4,75 % ou 10 % | 4,75 % pour un particulier ou une société civile transparente, 10 % pour une structure dont les propriétaires ne sont pas identifiables |
| Droits sur les baux | 1 % | Le locataire, sur le loyer annuel charges comprises, à l'enregistrement du bail |
| Droits de succession et de donation | 0-16 % | Biens situés à Monaco uniquement : 0 % pour les enfants et le conjoint, 8 % entre frères et sœurs, 16 % entre personnes sans lien de parenté |
| Cession d'un fonds de commerce ou d'une clientèle | 7,5 % | Droit d'enregistrement sur le prix de cession |
| Estampille annuelle des voitures | 53 € | Voitures particulières ; véhicules électriques 0 € |
Si un guide vous dit que l'impôt sur les sociétés à Monaco est de 33,33 %, c'est le taux d'avant 2019 : il a été abaissé en quatre étapes, 31 %, 28 %, 26,5 % et enfin 25 % depuis le 1er janvier 2022. Et les droits de 4,5 % sur l'achat d'un logement s'appliquaient jusqu'au 30 septembre 2023 : la loi n° 1.548 les a portés à 4,75 %.
Nous calculons en ligne l'impôt sur vos revenus et montrons comment payer moins en toute légalité.
Qui est résident fiscal de Monaco
La carte de séjour monégasque et la résidence fiscale monégasque sont deux documents différents, et le second coûte 600 €. La carte de séjour est délivrée par la police de la Principauté (Direction de la Sûreté publique) à toute personne qui a loué ou acheté un logement et présenté une attestation bancaire. Le certificat de résidence à des fins fiscales est délivré par la même direction uniquement aux personnes qui vivent réellement dans le pays.
Le certificat repose sur trois critères, et un seul suffit : plus de 183 jours par an à Monaco, le centre principal des activités professionnelles à Monaco, ou la majeure partie de l'année dans la Principauté si moins de jours ont été passés dans tout autre pays. Le jour d'arrivée et le jour de départ comptent tous deux. Le certificat est valable un an, et les frais de 600 € se paient au retrait, en espèces, par carte ou par chèque, à la Section des Résidents, au 9 rue Suffren-Reymond.
Personne ne vérifie les tampons du passeport : il n'y a pas de frontière avec la France. La Direction des Services fiscaux de Monaco et les administrations fiscales étrangères examinent plutôt les relevés bancaires : un paiement par carte dans un pays compte comme un jour passé dans ce pays. Conservez vos relevés, et ne payez pas vos déjeuners à Nice avec une carte monégasque plus souvent que nécessaire. Les règles générales de décompte des jours sont présentées dans notre article sur la règle des 183 jours et la résidence fiscale.
Comment obtenir la carte de séjour
Les ressortissants de pays hors UE et EEE ont d'abord besoin d'un visa de long séjour de type D, délivré par un consulat de France : Monaco n'a pas de consulats délivrant des visas. Le dossier part ensuite à la Section des Résidents : passeport, bail ou titre de propriété d'un logement à Monaco, extraits de casier judiciaire de chaque pays de résidence des 5 dernières années datant de moins de 3 mois, et justificatifs de revenus. Pour ceux qui ne travaillent pas, les revenus se prouvent par une attestation d'une banque monégasque : le gouvernement ne fixe pas de montant et s'en remet à la banque. Le repère habituel est un dépôt à partir de 500 000 €, et les banques demandent davantage aux clients plus fortunés. Les conditions et délais complets sont sur notre page titre de séjour à Monaco.
| Carte | Quand elle est délivrée | Validité | Droits |
|---|---|---|---|
| Temporaire | Première demande, sans résidence préalable | 1 an | 80 €, renouvellement 40 € |
| Ordinaire | Après 3 ans de résidence | 3 ans | 100 €, renouvellement 50 € |
| Privilégiée | Après 10 ans de résidence | 10 ans | 160 €, renouvellement 80 € |
| Conjoint de Monégasque | Mariage avec un Monégasque et un an dans le pays | 5 ans | 80 €, renouvellement 40 € |
Les droits sont dérisoires à côté du reste : le vrai prix de la résidence, c'est le loyer. Le mètre carré à Monaco coûte plus cher que dans n'importe quelle ville du monde, et un bail d'un an est une condition stricte de la carte, pas une formalité. La nationalité demande 10 ans et s'obtient par décision personnelle du Prince : voir notre guide sur la nationalité monégasque.
Quitter correctement l'ancien pays compte tout autant. La Russie, l'Allemagne ou l'Italie cessent de considérer quelqu'un comme leur résident fiscal non pas quand la carte monégasque apparaît, mais quand les jours, le logement et la famille sur leur territoire prennent fin. Le certificat à 600 € est un argument dans ce litige, et sans relevés bancaires ni vie réelle dans la Principauté, il pèse peu.
Conditions de la résidence fiscale à Monaco : comment devenir résident fiscal
Monaco ne prélève pas d'impôt sur le revenu pour les résidents de toute nationalité, sauf les citoyens français. Mais une carte de séjour seule ne fait pas de vous un résident fiscal : le certificat de résidence fiscale exige de vivre dans la Principauté plus de 183 jours par an ou d'y avoir le centre principal de vos activités.
Il existe une troisième voie : passer la majeure partie de l'année à Monaco si vous passez encore moins de temps dans tout autre pays. Le certificat est délivré par la Direction de la Sûreté publique pour un an. Sans lui, votre ancien pays peut continuer à vous considérer comme résident : le soleil de Monaco est gratuit, l'ombre fiscale de votre ancien pays ne l'est pas.
La loi ne vous empêche pas de confirmer le statut vous-même. Mais les erreurs coûtent plus cher : une carte sans vie réelle sur place, trop peu de jours et des questions de votre ancienne administration fiscale. L'accompagnement Murblz écarte ces risques : nous comptons les jours, réunissons les preuves de résidence, obtenons le certificat de résidence fiscale et préparons la sortie de la résidence de votre ancien pays. Nous garantissons un travail professionnel et une démarche transparente, et dans la plupart des cas un résultat dès le premier dépôt.
Parler à un conseiller maintenant
Calculateur des 183 jours
Calculateur de résidence fiscale Monaco
Saisissez vos dates de voyage : le calculateur montre si vous êtes résident fiscal Monaco aujourd'hui et en fin d'année, et combien de jours il reste avant le seuil.
Le calcul par dates a besoin de JavaScript. Ci-dessous, les mêmes règles par pays.
Combien est prélevé sur un salaire à Monaco : cotisations et exemple chiffré
Sur un salaire de 5 000 € à Monaco, le salarié touche environ 4 530 € net, tandis que le coût total pour l'employeur atteint près de 6 930 €. Il n'y a pas d'impôt sur le revenu, mais personne n'a supprimé les cotisations sociales : le salarié cède environ 14 % du brut et la société paie en plus environ 33,6 %. Les cotisations sont perçues par les Caisses sociales de Monaco, trois caisses sous un même toit dont les taux sont révisés chaque année le 1er octobre.
Particularité monégasque : l'indemnité exceptionnelle de 5 % prévue par l'arrêté ministériel n° 63-131 du 21 mai 1963. Elle s'ajoute au salaire et n'est pas soumise à cotisations. Le salaire minimum depuis le 1er juin 2026 est de 12,31 € de l'heure, soit 2 080,39 € par mois pour 169 heures sur une semaine de 39 heures, et les 5 % s'y ajoutent aussi.
| Caisse et cotisation | Salarié | Employeur | Plafond mensuel |
|---|---|---|---|
| CCSS - maladie, prestations familiales | 0 % | 13,45 % (13,40 % si la société ne relève pas de la CGCS) | 9 800 € |
| CAR - retraite de base | 6,85 % | 7,45 % + part variable 0,88 % | 6 112 € |
| CMRC - retraite complémentaire, tranche A | 40 % de 10,02 % | 60 % de 10,02 % | 3 971 € |
| CMRC - retraite complémentaire, tranche B | 40 % de 24,29 % | 60 % de 24,29 % | de 3 971 € à 31 768 € |
| Assurance chômage (selon l'accord avec la France) | 2,40 % | 4,00 % | 15 700 € |
La CCSS (Caisse de compensation des services sociaux) est payée par le seul employeur ; les salariés n'y cotisent pas. La CAR (Caisse autonome des retraites) et la CMRC (Caisse monégasque de retraite complémentaire) sont partagées. Les plafonds comptent : aucune cotisation CCSS n'est due sur la part du salaire au-delà de 9 800 € par mois, si bien que la part des cotisations est nettement plus faible pour les hauts revenus.
Exemple chiffré : salaire brut de 5 000 € par mois
| Étape | Montant |
|---|---|
| Salaire brut | 5 000 € |
| Indemnité de 5 %, sans cotisations | 250 € |
| Retraite CAR salariale, 6,85 % | 342,50 € |
| Retraite complémentaire CMRC salariale : tranche A 159,16 + tranche B 99,98 | 259,14 € |
| Assurance chômage salariale, 2,4 % | 120 € |
| Impôt sur le revenu | 0 € |
| Net perçu | 4 528 € |
| CCSS patronale, 13,45 % | 672,50 € |
| CAR patronale, 8,33 % | 416,50 € |
| CMRC patronale : tranche A 238,74 + tranche B 149,97 | 388,71 € |
| Assurance chômage patronale, 4 % | 200 € |
| Coût total du salarié | 6 928 € |
Le salarié se voit retenir 721,64 €, soit 14,4 % du brut. L'employeur ajoute 1 677,71 €, soit 33,6 %, plus l'indemnité de 250 €. À titre de comparaison, en France, un salarié au même salaire perdrait environ 22 % en cotisations puis paierait l'impôt sur le revenu en plus ; en Suisse, des cotisations plus l'impôt à la source pour les étrangers. Monaco ne gagne pas sur la faiblesse des cotisations, mais sur le zéro de la ligne impôt sur le revenu.
Les indépendants et les gérants de société ont leur propre système : les gérants de SARL et les entrepreneurs individuels cotisent à la CAMTI et à la CARTI (les caisses maladie et retraite des travailleurs indépendants), où les cotisations sont fixées par classe de revenus et non en pourcentage. Les spécialistes Murblz calculent le montant exact pour un statut donné après avoir vu les documents.
Quel est l'impôt sur les sociétés à Monaco et qu'en est-il des dividendes
Le taux de l'impôt sur les bénéfices à Monaco est de 25 %, exactement le taux français, et ce n'est pas un hasard. La Principauté a instauré l'impôt sur les bénéfices (ISB) en 1963 sous la pression de Paris : la convention du 18 mai 1963 a obligé Monaco à imposer les sociétés qui gagnent leur argent sur les marchés étrangers, afin que les entreprises françaises ne passent pas la frontière pour un taux nul. Les règles figurent dans l'ordonnance souveraine n° 3.152 du 19 mars 1964.
Tout le monde ne paie pas. L'ISB vise les entreprises industrielles et commerciales qui réalisent 25 % ou plus de leur chiffre d'affaires par des opérations hors de Monaco, directement ou par intermédiaires, ainsi que toute société percevant des revenus de brevets ou de droits littéraires ou artistiques, quelle que soit leur origine géographique. Un restaurant, une boutique, un salon ou une clinique servant ses clients sur place ne paie aucun impôt sur les bénéfices. Les professions libérales (médecins, architectes, enseignants exerçant à titre individuel) sont aussi hors du champ de l'impôt, de même que les revenus de brevets perçus par des particuliers.
Le seuil de 25 % fonctionne comme un interrupteur : dès que le chiffre d'affaires étranger atteint un quart, c'est tout le bénéfice qui est imposé, et pas seulement la part étrangère. Une société de négoce, un studio informatique avec des clients européens ou un cabinet de conseil pour étrangers sont les redevables types de l'ISB.
Allègement pour les sociétés nouvelles
| Année d'activité | Part du bénéfice imposée | Taux effectif |
|---|---|---|
| 1re et 2e | 0 % | 0 % |
| 3e | 25 % | 6,25 % |
| 4e | 50 % | 12,5 % |
| 5e | 75 % | 18,75 % |
| 6e et suivantes | 100 % | 25 % |
L'allègement est réservé aux activités réellement nouvelles : réimmatriculer une activité existante ou transférer une société depuis un autre pays n'y donne pas droit. Exemple chiffré : une société avec 400 000 € de bénéfice annuel paie 0 + 0 + 25 000 + 50 000 + 75 000 = 150 000 € d'impôt sur les cinq premières années, au lieu de 500 000 € au taux plein.
Déduction de la rémunération du dirigeant
Monaco limite la part de la rémunération d'un dirigeant déductible en charges. Les sociétés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 3,5 millions d'euros (services) ou 7 millions d'euros (autres activités) suivent un barème de rémunération admise ; les plus grandes sont comparées aux pratiques internationales, avant tout celles de l'UE. Tout ce qui dépasse le barème est réintégré au bénéfice imposable par la Direction des Services fiscaux.
Dividendes, intérêts et redevances
Monaco ne prélève aucune retenue à la source sur les dividendes, intérêts ou redevances : l'ISB est le seul impôt direct de la Principauté, et il est dû par la société, pas par le bénéficiaire du paiement. Un associé résident de Monaco reçoit les dividendes d'une société monégasque sans retenue ni impôt sur le revenu. Les citoyens français n'y gagnent rien : ils déclarent les dividendes en France selon les règles applicables aux résidents français.
Le revers de la médaille : les sociétés étrangères retiennent l'impôt selon leurs propres règles, et rien à Monaco ne permet de l'imputer. Les dividendes d'une société française versés à un particulier résident de Monaco subissent la retenue française de 12,8 % (article 187 du Code général des impôts), et cet argent ne peut pas être récupéré, car Monaco n'a pas de conventions de non-double imposition couvrant les revenus des particuliers avec la plupart des pays. Plus de détails dans la section sur les conventions.
À partir de 2026, l'impôt sur les bénéfices se dote d'un plancher. Le projet de loi n° 1129, déposé au Conseil national le 28 juillet 2026, instaure un impôt minimum de 15 % pour les groupes dont le chiffre d'affaires consolidé atteint 750 millions d'euros ou plus : la règle du deuxième pilier de l'OCDE (impôt minimum mondial). Les petites et moyennes entreprises et les groupes purement monégasques ne sont pas concernés ; il s'applique aux exercices ouverts à compter du 31 décembre 2026.
Nous examinons votre situation gratuitement
Décrivez votre projet dans le chat, et nous vous dirons par où commencer.
Quelle est la TVA à Monaco et quand s'immatriculer
La TVA à Monaco est française jusqu'à la dernière décimale : 20 % au taux normal, 10 % au taux intermédiaire, 5,5 % sur l'alimentation et les livres, 2,1 % sur les médicaments et la presse. C'est ainsi que fonctionne l'union douanière avec la France prévue par la convention de 1963 : les règles françaises de douane et de TVA s'appliquent directement dans la Principauté, et la taxe perçue est répartie entre les deux États via un compte de partage, pour que chacun reçoive ce qu'il aurait perçu en tant que territoire distinct. En 2026, la France reverse 138 millions d'euros à Monaco au titre de ce compte.
C'est la TVA qui fait vivre la Principauté : selon l'institut statistique monégasque IMSEE, elle fournit environ 52 % des recettes de l'État, plus que tous les droits et l'impôt sur les bénéfices réunis. N'attendez donc pas de Monaco une baisse de la TVA pour les touristes de sitôt.
| Taux | S'applique à |
|---|---|
| 20 % | La plupart des biens et services, les loyers commerciaux, le conseil, l'informatique |
| 10 % | Restaurants, hôtels, transports, rénovation des logements de plus de deux ans |
| 5,5 % | Alimentation, livres, eau, travaux d'économie d'énergie dans les logements |
| 2,1 % | Médicaments remboursables, presse imprimée |
| 0 % avec droit à déduction | Exportations hors de l'UE, livraisons à des clients assujettis à la TVA dans d'autres États de l'UE |
Quand s'immatriculer à la TVA
Les seuils de franchise en base sont les seuils français de 2026 : 85 000 € de chiffre d'affaires annuel pour le commerce et l'hébergement, 37 500 € pour les services et les professions libérales. Les seuils de tolérance pour l'année en cours sont de 93 500 € et de 41 250 € : au-delà, la TVA est due dès le premier jour du dépassement. Le seuil unique français de 25 000 € débattu en 2025 n'est jamais entré en vigueur : la France y a renoncé, et Monaco a suivi.
La franchise ne s'applique qu'au chiffre d'affaires réalisé à Monaco. Une société qui vend des services à d'autres pays de l'UE se heurte aux règles de lieu de prestation et à l'autoliquidation (le client déclare lui-même la TVA), et un numéro de TVA monégasque est nécessaire tout de suite. Le numéro a le format français, FR suivi de 11 caractères, car pour le système de TVA de l'UE, Monaco fait partie du territoire français.
Déclarations
Les déclarations sont déposées chaque mois auprès de la Direction des Services fiscaux de Monaco. Si la TVA due pour l'année est inférieure à 4 000 €, des déclarations trimestrielles sont admises. Les petites entreprises relèvent d'un régime simplifié avec une déclaration annuelle et des acomptes, sur le modèle français. Les sociétés étrangères sans établissement à Monaco ont besoin d'un représentant fiscal pour récupérer la TVA : la Direction des Services fiscaux a publié une note distincte à ce sujet.
Pour qui s'installe, la conclusion pratique est simple : la vie à Monaco n'est pas moins chère d'un seul point de TVA qu'à Nice. Les économies commencent là où commence la ligne impôt sur le revenu d'un résident français, et où celle d'un résident de Monaco n'existe pas.
Petites entreprises, entrepreneurs individuels, indépendants et informatique : quels régimes à Monaco
Monaco n'a pas de régimes spéciaux pour les petites entreprises : ni régime simplifié d'imposition, ni impôt forfaitaire, ni visa de nomade numérique. À la place, une règle générale qui vaut mieux que n'importe quel régime spécial : une entreprise qui réalise 75 % ou plus de son chiffre d'affaires dans la Principauté ne paie aucun impôt sur les bénéfices, et les particuliers ne paient d'impôt sur le revenu sur aucune activité.
Le prix de ce régime, c'est un système d'autorisations. Un étranger commence toute activité économique avec une autorisation d'exercer délivrée par le gouvernement, via la Direction du Développement économique. Le délai légal d'examen est de 45 jours à compter de la date où le dossier est déclaré complet. Le dossier est examiné sur le fond : le parcours du demandeur, l'origine des fonds, l'utilité de l'activité pour la Principauté. La décision relève de l'appréciation du gouvernement, et des refus ont lieu.
| Forme | Capital minimum | Pour qui |
|---|---|---|
| Entreprise en nom personnel | aucun | Indépendants et professions libérales avec des clients à Monaco |
| SURL, société à responsabilité limitée unipersonnelle, loi n° 1.573 du 8 avril 2025 | 8 000 € si l'associé est une personne physique, 15 000 € si c'est une société | Un fondateur seul qui veut limiter sa responsabilité |
| SARL, société à responsabilité limitée | 15 000 € | Petites et moyennes entreprises à plusieurs associés |
| SAM, société anonyme monégasque | 150 000 € | Structures financières, grands négoces et structures familiales ; statuts notariés obligatoires |
| SCP et SCI, sociétés civiles | aucun | Détention d'immobilier et d'actifs sans activité commerciale |
Une fois l'autorisation obtenue, la société dépose son capital en banque, s'inscrit au Répertoire du Commerce et de l'Industrie, obtient un numéro statistique NIS, dépose une déclaration d'existence auprès de la Direction des Services fiscaux et affilie son gérant aux caisses CAMTI-CARTI. La publication au Journal de Monaco, le journal officiel, est à la charge de la société.
Indépendants et informatique
Un indépendant résident travaillant pour des clients étrangers paie 0 % d'impôt sur le revenu, mais seulement si l'activité est déclarée. Travailler depuis un appartement monégasque pour des sociétés étrangères sans autorisation est interdit, et l'infraction peut coûter la carte de séjour au renouvellement. Ensuite, tout dépend de la nature de l'activité. Les professions libérales (un médecin, un architecte ou un traducteur exerçant à titre individuel) sont hors du champ de l'ISB. Une activité commerciale avec 25 % ou plus de chiffre d'affaires étranger, en nom personnel ou en société, paie 25 % d'impôt sur les bénéfices après les années d'allègement. Un développeur avec des clients étrangers se situe à la frontière de ces catégories, et la Direction des Services fiscaux décide du classement de l'activité lors de la délivrance de l'autorisation : une question à régler avant l'installation, pas après.
Un investisseur en cryptoactifs, un investisseur en bourse ou un rentier n'a besoin d'aucune autorisation d'exercer : gérer son propre capital n'est pas une activité économique, et les revenus qui en découlent ne sont pas imposés. Cette catégorie représente la majorité des nouveaux résidents.
Combien coûte la création d'une société
Les spécialistes Murblz créent une SARL monégasque de bout en bout : la formule de base avec domiciliation, secrétariat juridique, frais de la première année et apostille coûte 12 000 € ; la version avec accord préalable pour un compte bancaire coûte 13 000 €. Les détails sont sur nos pages création de société à Monaco et compte de société à Monaco, et les conditions générales sur la page création de société. Un compte bancaire pour une nouvelle société monégasque est une tâche à part : les banques locales n'acceptent pas toutes les activités, et sans compte monégasque l'inscription au registre ne peut pas être achevée.
Vérifions où vous payez vos impôts
Trois questions dans le chat, et vous savez où vous êtes résident fiscal.
Immobilier, successions, voitures et cryptoactifs : ce que l'on paie vraiment
Un appartement à Monaco ne supporte ni taxe annuelle, ni impôt sur la plus-value à la revente, ni droits de succession s'il revient aux enfants. L'État prend sa part une seule fois, à l'entrée : 4,75 % de droits d'enregistrement sur le prix lorsqu'un particulier achète, plus les frais de notaire. Si l'acheteur est une structure dont les propriétaires finaux ne sont pas identifiables, les droits sont de 10 %. Ces taux ont été fixés par la loi n° 1.548 du 6 juillet 2023 pour les actes enregistrés à compter du 1er octobre 2023 ; auparavant, ils étaient de 4,5 % et 7,5 %.
Un acheteur transparent (entité transparente) est un particulier ou une société civile immatriculée à Monaco dont tous les associés sont des personnes physiques connues de la Direction des Services fiscaux. Une société étrangère opaque, un trust ou une fondation avec des prête-noms paie deux fois plus. Et ce n'est pas tout : depuis 2011, en vertu de la loi n° 1.381, toute personne morale détenant un bien à Monaco dépose une déclaration annuelle indiquant si ses propriétaires finaux ont changé. Le changement de propriétaire d'une société qui détient un appartement est lui-même une opération taxable : vendre les parts ne permet pas d'y échapper.
| Opération | Droits | Qui paie |
|---|---|---|
| Achat immobilier par un particulier ou une société transparente | 4,75 % | L'acheteur |
| Achat immobilier par une structure opaque | 10 % | L'acheteur |
| Bail d'habitation ou de bureau | 1 % du loyer annuel charges comprises | Le locataire, à l'enregistrement du bail |
| Acte d'hypothèque | 3 % plus 0,65 % de frais | L'emprunteur |
| Cession d'un fonds de commerce ou d'une clientèle | 7,5 % | L'acheteur |
| Vente de biens meubles | 5 %, 2 % aux enchères publiques | L'acheteur |
| Droit fixe sur les actes sans taux proportionnel | 50 € | Le demandeur |
Exemple chiffré : un appartement de 5 millions d'euros coûte 237 500 € de droits à un particulier et 500 000 € à une société étrangère opaque. Louer le même appartement 15 000 € par mois avec 1 000 € de charges représente 1 920 € de droits par an, payés par le locataire.
Successions et donations
Les droits de succession et de donation ne portent que sur les biens situés à Monaco, quels que soient le lieu de résidence ou la nationalité du défunt ou du donateur. Un appartement à Londres et un compte en Suisse laissés par un résident de Monaco ne sont pas du tout imposés par la Principauté. Il n'y a pas d'abattements : le taux s'applique dès le premier euro.
| Bénéficiaire | Taux |
|---|---|
| Enfants, parents, petits-enfants, conjoints | 0 % |
| Frères et sœurs | 8 % |
| Oncles, tantes, neveux, nièces | 10 % |
| Autres parents | 13 % |
| Personnes sans lien de parenté | 16 % |
Les partenaires liés par un contrat de vie commune (l'équivalent d'un partenariat enregistré, loi n° 1.481 de 2019) paient 4 %. Les héritiers d'autres pays paient selon les règles de leur propre pays : la France, l'Allemagne ou la Russie peuvent imposer chez elles un héritage reçu d'un résident de Monaco si l'héritier y vit.
Voitures
Il n'y a pas de taxe de circulation à Monaco. Le propriétaire paie l'estampille annuelle (la vignette de renouvellement de l'immatriculation) : 53 € par an pour les voitures particulières selon les tarifs 2026 du Service des Titres de Circulation, 0 € pour les véhicules électriques. La campagne de renouvellement va du 1er septembre au 31 décembre.
Cryptoactifs, actions et plus-values
Un particulier résident de Monaco ne paie rien sur la vente d'actions, d'obligations, d'immobilier à l'étranger ou de cryptomonnaies : le pays n'a ni impôt sur le revenu ni impôt sur les plus-values. Les plateformes d'échange et les prestataires de services sur actifs numériques sont régis par la loi n° 1.528 du 7 juillet 2022, mais cette loi porte sur les agréments, pas sur les impôts. Le piège est ailleurs : une société qui négocie des cryptoactifs ou investit à titre professionnel exerce une activité commerciale au chiffre d'affaires étranger et paie 25 % d'ISB. Détenir les actifs en direct ou via une société monégasque, c'est la question qui décide de tout.
Quels impôts paient les non-résidents et les citoyens français à Monaco
Les seuls pour qui Monaco n'est pas exempt d'impôt sont les Français. L'article 7 de la convention franco-monégasque du 18 mai 1963 soumet les citoyens français qui s'installent dans la Principauté à l'impôt français sur le revenu comme s'ils vivaient en France. L'exception ne vise que ceux qui pouvaient justifier de cinq ans de résidence habituelle à Monaco au 13 octobre 1962, c'est-à-dire installés avant octobre 1957, et les membres de la famille princière. La règle vaut à vie : un entrepreneur français peut vivre trente ans à Monaco et toujours déposer sa déclaration à Paris. Un avenant à la convention, signé en 2003 et appliqué depuis 2002, a étendu l'impôt français sur la fortune, aujourd'hui l'impôt sur la fortune immobilière, aux citoyens français de Monaco.
La question « pourquoi les Français paient-ils des impôts à Monaco » a donc une réponse courte : parce qu'en 1962, la France a imposé un blocus douanier à la Principauté et lui a fait signer la convention. Pour toutes les autres nationalités (Russes, Ukrainiens, Italiens, Britanniques), la restriction ne s'applique pas, et elles paient 0 %.
Les non-résidents
Monaco ne prélève rien non plus sur les non-résidents : aucune retenue à la source sur les dividendes, intérêts, redevances ou salaires. Un habitant de Nice qui travaille à Monaco ne paie pas un euro d'impôt sur le revenu à la Principauté, mais il le paie à la France en tant que résident français, et en vertu de la convention, Monaco compense chaque année le budget français par une somme forfaitaire pour une partie de la perte. Un étranger propriétaire d'un appartement à Monaco mais qui vit ailleurs ne paie que 4,75 % à l'achat, 1 % sur le loyer s'il est locataire, et les droits de succession aux taux monégasques si l'appartement revient à quelqu'un d'autre que les enfants.
| Revenu d'un non-résident provenant de Monaco | Retenue à Monaco | Ce qui se passe dans le pays de résidence |
|---|---|---|
| Salaire d'un employeur monégasque | 0 %, seulement les cotisations sociales | Imposé dans le pays de résidence ; aucun crédit possible, il n'y a rien à imputer |
| Dividendes d'une société monégasque | 0 % | Taux plein du pays de résidence ; en Russie, 13-15 % plus les règles de la liste des territoires à fiscalité privilégiée |
| Intérêts, redevances | 0 % | Taux plein du pays de résidence |
| Vente d'un appartement à Monaco | 0 % | Plus-value imposée dans le pays de résidence si celui-ci impose l'immobilier étranger |
| Succession : un appartement à Monaco | 0-16 % selon le lien de parenté | Double imposition possible si le pays de l'héritier impose les successions mondiales |
L'absence de retenue ressemble à un cadeau, mais elle a un prix : le pays de résidence du bénéficiaire impose le revenu en totalité, puisqu'il n'y a rien à imputer. Pour un résident fiscal russe, les dividendes de Monaco sont un revenu ordinaire à 13-15 %, et une société monégasque est une société étrangère contrôlée située sur la liste russe des territoires à fiscalité privilégiée, avec toutes les déclarations que cela implique.
Le cas inverse : un résident de Monaco avec des revenus à l'étranger
C'est là que commencent les vrais impôts. Les dividendes de France subissent une retenue de 12,8 %, d'Allemagne de 26,375 %, des États-Unis de 30 % sans convention, de Russie de 15 % pour les non-résidents. Un résident de Suisse ou du Luxembourg réduirait ces taux grâce à une convention ; un résident de Monaco n'a presque aucun outil de ce type. C'est pourquoi les portefeuilles sont restructurés avant l'installation : des fonds domiciliés là où les distributions ne subissent pas de retenue, des actions de croissance plutôt que des valeurs de rendement, de l'immobilier via des structures qui ne font pas sauter le taux de 4,75 %. Les spécialistes Murblz traitent ces questions sur la base du portefeuille réel : contactez-les via notre page consultations.
Recevoir la liste pour un déménagement fiscal
Laissez un contact dans le chat, et nous enverrons les étapes et les documents adaptés à votre cas.
Conventions de non-double imposition : Russie, France et autres
Monaco n'a pas de convention de non-double imposition avec la Russie et n'en a jamais eu : le décret russe n° 585 de 2023 suspendant des conventions n'avait donc rien à suspendre. La Principauté compte douze conventions fiscales complètes : avec la France (1963), Guernesey, le Liechtenstein, le Luxembourg, le Mali, Malte, Maurice, le Monténégro, le Qatar, les Seychelles, Saint-Christophe-et-Niévès et les Émirats arabes unis, cette dernière en vigueur depuis le 12 juin 2026. Avec environ deux douzaines d'autres juridictions, elle a signé des accords d'échange de renseignements en matière fiscale : ils aident les administrations fiscales, pas les contribuables, et ne réduisent pas les taux de retenue. L'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan ne figurent sur aucune des deux listes.
La logique est simple : une convention existe pour que l'impôt payé dans un pays puisse être imputé dans l'autre. À Monaco, il n'y a rien à imputer : les pays partenaires voient donc peu d'intérêt à négocier, et les résidents de Monaco subissent les taux de retenue étrangers pleins.
Russie : la liste des territoires à fiscalité privilégiée et l'échange automatique
| Document | Monaco | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Convention de non-double imposition | aucune | Retenue russe pleine sur les paiements vers Monaco : dividendes 15 %, intérêts et redevances 20 % |
| Liste du ministère russe des Finances, arrêté n° 86n du 5 juin 2023 | inscrit, point 23 | Pas d'exonération pour les dividendes d'une filiale monégasque ; les opérations avec Monaco sont des opérations contrôlées ; une société monégasque est une société étrangère contrôlée sans les exonérations liées à l'activité |
| Liste du Service fédéral des impôts des partenaires d'échange automatique, arrêté n° ED-7-17/883@ du 14 octobre 2025 | inscrit, point 48 | Les banques monégasques déclarent les comptes des résidents fiscaux russes au fisc russe, et Monaco reçoit les données des comptes de ses résidents en Russie |
| Décret n° 585 du 8 août 2023 suspendant des conventions | non applicable | Il n'y avait rien à suspendre |
Le paradoxe : la France, la Suisse et l'Allemagne ont quitté la liste d'échange automatique avec la Russie, tandis que Monaco y reste. Un citoyen russe ayant un compte dans une banque monégasque et la résidence fiscale russe doit partir du principe que le fisc russe voit le solde. L'inverse est vrai aussi : un résident de Monaco ayant un compte dans une banque russe figure dans les déclarations que la Russie envoie à la Principauté. Tant que Monaco n'a pas d'impôt sur le revenu, ces informations ne servent à la Principauté qu'à vérifier l'origine des fonds.
Pour un résident fiscal russe, une société monégasque est une société étrangère contrôlée d'un territoire de la liste : le bénéfice au-delà de 10 millions de roubles est imposé chez la personne qui la contrôle, les exonérations liées au taux effectif et à l'activité réelle ne fonctionnent pas pour ces territoires, et une société mère russe ne bénéficie pas du taux zéro sur les dividendes d'une filiale monégasque. Une structure monégasque ne commence à avoir du sens qu'une fois que son propriétaire a cessé d'être résident fiscal russe.
France : la convention de 1963
La convention franco-monégasque n'est pas une convention classique de non-double imposition, mais un accord sur la manière dont Monaco perçoit l'impôt sans gêner la France. Elle a obligé la Principauté à instaurer un impôt sur les bénéfices, fixé la TVA selon les règles françaises avec le compte de partage, réglé le sort des citoyens français de Monaco et organisé l'échange de renseignements entre les deux administrations fiscales. Une convention distincte de 1950 sur les successions entre les deux pays répartit le droit d'imposer selon le lieu de situation des biens.
Italie, Royaume-Uni et autres
Avec l'Italie et le Royaume-Uni, Monaco n'a que des accords d'échange de renseignements. Un Italien installé à Monaco a longtemps été suspect : l'Italie maintenait la Principauté sur sa liste noire des paradis fiscaux et faisait peser sur la personne la charge de prouver sa résidence. Un Britannique perd sa résidence britannique selon le critère britannique des jours et des attaches, et non grâce à une carte monégasque. Toutes ces règles relèvent du pays que l'on quitte, et il faut les régler avant l'installation, pas au premier contrôle. Un tableau comparatif pour de nombreux pays figure sur notre page impôts par pays.
Quand déposer les déclarations et quelles sont les pénalités à Monaco
Un particulier n'a rien à déclarer à Monaco : il n'y a pas d'impôt sur le revenu, aucune déclaration de revenus n'existe, et les particuliers n'ont pas de numéro fiscal. Toutes les obligations déclaratives pèsent sur les sociétés, les employeurs, les acheteurs de biens et les locataires. Et si les taux sont modestes, les pénalités de retard se calculent avec une rigueur toute française.
| Obligation | Échéance | Sanction en cas de manquement |
|---|---|---|
| Déclaration d'impôt sur les bénéfices (ISB) | 3 mois après la clôture de l'exercice ; pour une année civile, avant le 31 mars | Omission de bonne foi : jusqu'à 1,5 fois l'impôt éludé ; omission délibérée : jusqu'à 4 fois (articles 34-37 de l'ordonnance n° 3.152) |
| Acomptes d'ISB | Février, mai, août, novembre : chacun 20 % de l'impôt de l'année précédente | 3 % en cas de paiement dans le mois suivant l'échéance, puis 1 % de plus par mois supplémentaire |
| Déclaration des rémunérations versées | Avant le 1er avril pour l'année précédente | Sanctions prévues par l'ordonnance n° 3.152 |
| Déclarations de TVA | Mensuelles ; trimestrielles si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 € | Pénalités et intérêts selon le Code des taxes sur le chiffre d'affaires, sur le modèle français |
| Cotisations aux Caisses sociales | Déclaration et paiement uniques mensuels par l'employeur | Intérêts et recouvrement par la caisse |
| Enregistrement du bail | À la signature, droits de 1 % | Un bail non enregistré n'est pas accepté pour la carte de séjour |
| Déclaration annuelle des propriétaires finaux par une personne morale détenant un bien | Chaque année, loi n° 1.381 | Droits recalculés au taux de 10 % plus pénalités en cas de changement de propriétaire dissimulé |
Comment fonctionne l'impôt sur les bénéfices en pratique
L'année d'une société monégasque commence par quatre acomptes : en février, mai, août et novembre, elle verse un cinquième de l'impôt établi pour l'année précédente. La déclaration avec le solde est déposée dans les trois mois suivant la clôture, puis le reliquat est payé ou le trop-perçu imputé. Une société dans ses deux années d'exonération ne verse pas d'acomptes : elle n'a pas d'impôt de l'année précédente.
La pénalité de retard de paiement commence à 3 % et augmente de 1 % par mois : une dette de 100 000 € devient ainsi 114 000 € au bout d'un an. Pour un défaut de déclaration sans intention, la Direction des Services fiscaux peut infliger une pénalité allant jusqu'à une fois et demie l'impôt ; pour une dissimulation délibérée, jusqu'à quatre fois. Ce sont les articles 34-37 de l'ordonnance souveraine n° 3.152, et la Direction les applique.
Échange automatique et origine des fonds
Pas de déclarations ne veut pas dire pas de contrôle. Monaco participe à l'échange automatique d'informations bancaires selon la norme commune de déclaration depuis 2018, et a durci en 2024 les sanctions contre les banques qui déclarent mal. À l'ouverture d'un compte et à chaque virement entrant important, la banque demande des documents sur l'origine des fonds : une exigence des lois contre le blanchiment que la Principauté a renforcées tout au long de 2024-2026 pour sortir de la liste grise du GAFI. Pour un résident, cela signifie une paperasse d'un autre genre : non pas des déclarations fiscales, mais des contrats, des relevés et les déclarations fiscales du pays précédent.
Les comptes annuels d'une SAM sont contrôlés par un commissaire aux comptes ; une SARL n'a pas d'obligation générale d'audit. Le gérant d'une SARL s'affilie aux caisses CAMTI-CARTI et cotise que la société fasse des bénéfices ou non.
Nous calculons vos impôts en ligne
Le chat vous interrogera sur vos revenus et votre résidence et enverra le calcul.
Ce qui change en 2025-2026 et à qui Monaco ne convient pas
Les taux de Monaco n'ont pas bougé depuis 2022, mais tout bouge autour : le prix d'entrée, le contrôle de l'argent et les engagements internationaux de la Principauté. Entre 2023 et 2026, le gouvernement a relevé des droits, créé de nouvelles formes de sociétés et réécrit ses lois financières sous la pression du GAFI (le Groupe d'action financière, l'organisme mondial de lutte contre le blanchiment) et de l'OCDE.
| Ce qui a changé | Depuis quand | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Droits sur l'achat d'un logement 4,5 % → 4,75 %, pour les structures opaques 7,5 % → 10 %, droit fixe 10 € → 50 € (loi n° 1.548) | 1er octobre 2023 | Tous les acheteurs de biens |
| Monaco sur la liste grise du GAFI | Juin 2024 | Les banques ont durci les vérifications des clients ; en juin 2026, le GAFI a constaté que le plan d'action était pour l'essentiel exécuté, la décision de sortie étant attendue à la plénière d'octobre 2026 |
| Nouvelles formes de sociétés SURL et SCM (loi n° 1.573) | 2025 | Fondateurs seuls : capital de 8 000 € |
| Nouveaux taux de cotisations sociales | 1er octobre 2025 | Tous les employeurs : CCSS 13,45 %, CAR 15,18 % au total |
| Salaire minimum de 12,31 € de l'heure | 1er juin 2026 | Employeurs |
| Projet de loi n° 1129 sur l'impôt minimum de 15 % (deuxième pilier) | Déposé le 28 juillet 2026, applicable aux exercices ouverts à compter du 31 décembre 2026 | Groupes au chiffre d'affaires de 750 millions d'euros ou plus |
| Projet de loi n° 1131 alignant les règles des sociétés de cryptoactifs sur le règlement européen MiCA | Déposé le 6 août 2026 | Prestataires de services sur actifs numériques |
L'impôt sur le revenu ne figure nulle part dans ces projets : il n'est à l'ordre du jour ni au Conseil national ni au gouvernement. Le budget 2026 affiche un excédent de 8,8 millions d'euros pour 2,2 milliards d'euros de recettes, et la Principauté n'a aucune raison de changer un modèle qui fonctionne depuis 157 ans.
À qui Monaco convient
Au rentier ou à l'investisseur dont le capital produit des revenus sans retenue à la source : fonds de capitalisation, actions de croissance, immobilier via les bonnes structures. Au chef d'entreprise qui a vendu sa société et vit du produit de la vente. À l'entrepreneur dont l'activité sert des clients à Monaco même (services aux yachts, hôtels, médecine, boutiques) : zéro impôt sur les bénéfices sans aucun allègement. À la famille dont un patrimoine important se transmet en ligne directe.
À qui Monaco ne convient pas
Aux citoyens français : pour eux, la Principauté, c'est la France sur le plan fiscal. À quiconque perçoit un salaire dans un autre pays et veut seulement être inscrit à Monaco : sans 183 jours, pas de certificat de résidence, et le pays de travail impose le revenu de toute façon. Au détenteur d'un portefeuille de dividendes américains, allemands et français : les retenues de 30 %, 26,375 % et 12,8 % demeurent, et aucune convention ne les réduit. Au résident fiscal russe qui compte garder une société à Monaco sans s'installer : la liste russe des territoires à fiscalité privilégiée et les règles sur les sociétés étrangères contrôlées absorbent tout l'avantage.
Et surtout, à quiconque pour qui des dizaines de milliers d'euros par an pour un petit appartement plus un dépôt bancaire à partir d'un demi-million ne sont pas couverts par l'économie d'impôt. Le calcul est simple : si l'impôt sur le revenu annuel dans votre pays est inférieur au coût de la vie à Monaco, s'installer pour des raisons fiscales n'a pas de sens. Pour ces cas, il y a les voisins : l'Italie avec son impôt forfaitaire de 300 000 € par an pour les nouveaux résidents, ou la Suisse avec l'imposition d'après la dépense. Ce que Monaco offre au-delà des impôts (sécurité, santé, écoles) est présenté sur notre page sur la vie à Monaco.
Questions fréquentes
Y a-t-il des impôts pour les particuliers à Monaco ?
Pourquoi les Français paient-ils des impôts à Monaco ?
Quel est le taux de l'impôt sur les sociétés à Monaco en 2026 ?
Quel est le taux de TVA à Monaco ?
Combien d'impôts sont prélevés sur un salaire à Monaco ?
Quels sont les impôts sur l'immobilier à Monaco ?
Monaco a-t-il une convention de non-double imposition avec la Russie ?
Comment devenir résident fiscal de Monaco ?
Services
Services Murblz : Monaco
Le taux d'imposition n'est que la moitié du tableau. L'autre moitié, c'est le pays de la société, l'endroit où est l'argent et qui tient les comptes. Les spécialistes Murblz s'en occupent dans le même pays. Le devis est fixé par écrit avant le début des travaux.
Voir aussi
Programmes et destinations similaires
Tous les programmes - Monaco:
Destinations similaires:
Articles sur ce pays
Vous ne voulez pas gérer tout cela seul ?
Nous prenons en charge toute la démarche de bout en bout : nous vérifions vos documents, choisissons un programme adapté à votre situation et vous donnons des délais et des coûts honnêtes. Posez votre question dans le chat : la consultation gratuite commence ici. La représentation devant les administrations et les tribunaux est assurée par les spécialistes Murblz avec des partenaires agréés sur place.
Le conseiller Murblz répond tout de suite dans la discussion sur cette page. Décrivez votre situation et nous trouverons la solution ensemble.
Consultation gratuiteOu écrivez-nous sur Telegram →