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Nationalité et résidence à Monaco en 2026

15 min de lecture · ·

Une poignée de personnes sont naturalisées chaque année : l'objectif réaliste est la résidence, pas le passeport.

En bref

La nationalité monégasque ne s'achète pas et ne suit pas une liste de conditions. Le Prince souverain décide personnellement, la décision prend la forme d'une ordonnance souveraine, et personne ne vous doit d'explication en cas de refus. Le seuil formel est de dix ans de résidence habituelle après l'âge de dix-huit ans, et même cela ne donne que le droit de demander, jamais celui d'obtenir. En plus, il faut renoncer à votre nationalité précédente.

La conversation utile sur Monaco porte donc sur la résidence. Des centaines de personnes obtiennent chaque année une carte de séjour ici, la procédure est transparente, et le délai se compte en mois. Tout ce pour quoi les gens viennent réellement (zéro impôt sur le revenu, banque privée, sécurité) est attaché à la résidence, pas au passeport. La nationalité ajoute surtout le droit de vote, l'accès aux logements domaniaux et la priorité d'emploi.

Pourquoi la nationalité monégasque est presque hors d'atteinte

Ce que dit la loi

Le texte de référence est la loi n° 1.155 du 18 décembre 1992 relative à la nationalité, telle que modifiée. La naturalisation est ouverte aux personnes qui résident habituellement à Monaco depuis au moins dix ans après leurs dix-huit ans. La demande est adressée au Prince et, si elle est accordée, publiée par ordonnance souveraine.

Deux points que les pages commerciales oublient souvent :

  • le Prince peut dispenser de la condition de dix ans, mais c'est une exception réservée à des cas exceptionnels, pas une voie sur laquelle bâtir un plan ;
  • la renonciation à la nationalité précédente est obligatoire, et l'on vérifie aussi que le demandeur n'a pas d'obligations militaires en suspens dans son pays d'origine.

La double nationalité n'est pas permise par la naturalisation. Pire, un Monégasque qui acquiert volontairement une autre nationalité perd la monégasque. Si vous constituez un portefeuille de passeports comme assurance, c'est structurellement la mauvaise juridiction.

Combien de passeports sont réellement accordés

Les chiffres parlent plus fort que les arguments. En 2024, 160 personnes ont acquis la nationalité monégasque, mais seulement 11 d'entre elles par naturalisation par ordonnance souveraine. En 2025, environ 170 personnes sont devenues monégasques, dont 21 par naturalisation. Tout le reste est passé par la filiation et le mariage.

Pour l'échelle : on compte environ dix mille Monégasques pour une population d'environ quarante mille habitants. Les nationaux sont minoritaires dans leur propre pays, et l'État maintient délibérément ce rapport. L'élargir avec des étrangers fortunés n'est pas à l'ordre du jour.

Le mariage : vingt ans, pas cinq

Le conjoint d'un ressortissant monégasque peut acquérir la nationalité par déclaration vingt ans après la date du mariage, à condition que le couple vive toujours ensemble. Pour les mariages célébrés avant le 1er juillet 2022, l'ancien délai de dix ans s'applique. La nationalité acquise par mariage ne peut pas être transmise aux enfants et ne peut pas être obtenue une seconde fois par un nouveau mariage. C'est le seul canal où vous conservez votre nationalité d'origine.

La procédure complète, avec les documents et les réserves, est détaillée dans notre guide de la naturalisation à Monaco.

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Comment fonctionne réellement la résidence à Monaco

Qui peut demander

Toute personne de seize ans ou plus qui compte passer plus de trois mois par an dans la Principauté, ou s'y établir, a besoin d'une carte de séjour. Les ressortissants de l'Espace économique européen déposent directement. Tous les autres doivent d'abord obtenir un visa de long séjour de type D, auprès du consulat de France compétent pour leur lieu de résidence, car Monaco n'a pas de service consulaire de visas propre. C'est la seule étape où la décision n'appartient pas à Monaco, et c'est souvent la plus lente.

L'argent : ce qu'il faut en banque

C'est ici que vit le plus grand mythe. Aucun dépôt fixe n'est inscrit dans la loi monégasque. L'exigence vient de la pratique bancaire : pour qu'une banque monégasque délivre la lettre de référence dont votre dossier a besoin, elle doit d'abord vous ouvrir un compte, et les seuils d'entrée des banques privées de la Principauté commencent autour de 500 000 euros. Plusieurs banques placent la barre plus haut, à un million ou plus, selon votre profil, l'origine de vos fonds et l'établissement lui-même.

Le point clé : l'argent reste à vous. Ce n'est ni un droit versé à l'État ni une dépense perdue, c'est une preuve de moyens. Mais vous ne pouvez pas non plus le traiter comme de l'argent libre. La relation doit être entretenue, car la banque la confirme à chaque renouvellement de la carte.

L'alternative au dépôt est un contrat de travail à Monaco, votre propre société immatriculée dans la Principauté, ou une pension suffisante. Dans ces cas, vos moyens sont prouvés par le revenu, pas par un solde.

Le logement

Sans adresse à Monaco, le dossier n'est pas accepté. Sont acceptés comme preuves :

  • la propriété attestée par un acte notarié ;
  • un bail enregistré auprès de l'administration fiscale, en général d'au moins douze mois ;
  • un hébergement fourni par un conjoint ou un proche parent, appuyé par une attestation d'hébergement à titre gratuit.

Le logement doit correspondre à la taille du foyer. Un studio pour une famille de quatre pose question, et ce n'est pas une formalité : la section des résidents évalue si y vivre est plausible.

Documents

  • passeport valide, avec un visa de type D pour les ressortissants hors Espace économique européen ;
  • acte de naissance de moins de trois mois au moment du dépôt ;
  • acte de mariage ou de divorce le cas échéant ;
  • extraits de casier judiciaire de chaque pays de résidence des cinq dernières années, de moins de trois mois ;
  • justificatif de logement ;
  • justificatif de moyens : lettre de référence d'une banque monégasque, contrat de travail, extrait du registre du commerce ou documents de pension ;
  • assurance maladie ;
  • documents des enfants et certificat de scolarité.

Procédure et délais

Le dossier est déposé à la Direction de la Sûreté publique, section des résidents, rue Suffren-Reymond. Quelques semaines plus tard, vous êtes convoqué à un entretien personnel, suivi de vérifications de sécurité et de conformité. Du dépôt à la carte en main, il faut en général trois à six mois, mais en comptant le visa de type D, le projet complet prend de façon réaliste six mois à un an. Les frais administratifs à la délivrance sont d'environ 90 $. Le vrai coût n'est pas ces frais, ce sont le loyer et les minimums bancaires.

Carte de séjourQuandValiditéCe qui compte
Carte de séjour temporaireDès la première année1 anRenouvelée chaque année pendant les trois premières années
Carte de séjour ordinaireAprès trois ans de résidence3 ansRenouvelable, exige des preuves de présence réelle
Carte de séjour privilégiéeAprès dix ans de résidence10 ansLe statut le plus stable, avec les exigences de présence les plus strictes
Carte de conjoint de MonégasqueConjoints de ressortissants monégasquesCatégorie à partCe n'est pas une naturalisation, elle ne confère pas la nationalité

Renouvellements et présence physique

Aucun décompte de jours n'est publié dans la loi. En pratique, un résident doit réellement vivre dans la Principauté et pas seulement y être inscrit. Les autorités regardent les factures d'électricité et d'eau, l'activité d'une carte bancaire monégasque, les abonnements locaux et la scolarisation des enfants. Le repère de travail pour les premières cartes est d'au moins trois mois par an. Pour la carte privilégiée, les attentes sont plus strictes, en pratique la majeure partie de l'année. Et si vous avez besoin d'un certificat de résidence fiscale monégasque à présenter à un autre pays, préparez-vous à justifier environ 183 jours.

Impôts : la vérité et la simplification

Il n'y a plus d'impôt sur le revenu des personnes physiques à Monaco depuis 1869, et ce n'est pas une faveur, c'est ainsi que le système est construit. Il n'y a pas non plus d'impôt sur la fortune, de taxe foncière annuelle ni d'impôt sur les plus-values pour les particuliers. Mais zéro impôt sur le revenu ne veut pas dire zéro fiscalité : TVA, impôt sur les bénéfices, droits d'enregistrement et droits de succession existent et pèsent tous.

ImpôtTauxRemarques
Impôt sur le revenu des personnes physiques0 %Exception : les ressortissants français selon la convention de 1963
Impôt sur la fortuneaucun-
Taxe foncière annuelleaucune-
Plus-values des particuliers0 %-
Successions et donations : ligne directe et conjoint0 %Seuls les biens situés à Monaco sont imposés
Successions : frères et sœurs8 %-
Successions : oncles, tantes, neveux, nièces10 %-
Successions : autres parents13 %-
Successions : personnes non parentes16 %-
Impôt sur les bénéfices25 %Quand plus de 25 % du chiffre d'affaires est réalisé hors de Monaco
TVA20 %Même assiette et mêmes taux qu'en France, taux réduits applicables
Droits d'enregistrement sur l'achat immobilier4,5 % ou 7,5 %Selon que l'acheteur est une personne physique ou une structure non transparente
Droit d'enregistrement des baux1 %Sur le loyer annuel plus les charges

L'exception française

Le seul groupe de résidents qui paie encore l'impôt sur le revenu, ce sont les ressortissants français. Selon la convention franco-monégasque de 1963, les citoyens français qui ne peuvent pas justifier de cinq ans de résidence ininterrompue à Monaco au 13 octobre 1962 sont imposés par la France comme s'ils y vivaient. Si vous avez la nationalité française, ou comptez l'acquérir, toute la logique fiscale du projet s'effondre et doit être modélisée avant toute chose.

Successions et donations

L'impôt est territorial : il ne s'applique qu'aux biens physiquement situés à Monaco, quel que soit le lieu de résidence du propriétaire ou de l'héritier. La ligne directe et les conjoints sont entièrement exonérés, et le taux monte avec l'éloignement de la parenté jusqu'à 16 % pour les bénéficiaires non parents. Pour les familles qui détiennent des biens hors de la Principauté, le taux monégasque ne règle rien : ce sont les règles des pays où se trouvent les biens qui s'appliqueront.

Sociétés et TVA

L'impôt sur les bénéfices s'applique aux sociétés qui réalisent plus d'un quart de leur chiffre d'affaires hors de Monaco, et aux structures qui tirent des revenus de redevances et de propriété intellectuelle. Le taux a été abaissé par étapes depuis 33,33 % et s'établit désormais à 25 %. Les entreprises nouvellement créées bénéficient d'une exonération les premières années, puis de taux réduits. La TVA est perçue sur la même assiette et aux mêmes taux qu'en France, avec un taux normal de 20 %.

Ce que coûte la vie à Monaco

C'est le mètre carré le plus cher du monde, et les chiffres ne relèvent pas du prestige, ils sont l'arithmétique du projet. Selon la statistique monégasque, le prix moyen dépasse 55 000 euros le mètre carré, le neuf est nettement plus cher, et dans certains immeubles le chiffre dépasse 100 000. Un appartement standard de cent mètres carrés tourne autour de six millions d'euros.

PosteOrdre de grandeur
Fonds déposés dans une banque monégasquedès 500 000 euros, souvent 1 million et plus
Loyer, appartement d'une chambreenviron 7 000 à 8 000 euros par mois
Loyer, deux chambres dans un immeuble de prestigejusqu'à 25 000 euros par mois
Achat, prix moyen au mètre carréenviron 55 000 à 60 000 euros
Appartement de 100 m²environ 6 millions d'euros
Frais de délivrance de la carte de séjourenviron 90 $
Budget familial réalistedès 15 000 euros par mois, confortable à partir de 25 000

Un test simple avant de décider : si votre économie d'impôt est inférieure à la hausse du coût de la vie et au coût du maintien du statut, le projet n'a pas de sens financier. Avec des revenus autour de 300 000 à 500 000 euros par an, le calcul ne tient souvent pas, et une juridiction à fiscalité faible plutôt que nulle, avec un coût de la vie normal, est la meilleure réponse. Notre comparaison pays par pays figure sur la page Monaco.

Pour qui ce n'est pas fait, et ce qui peut mal tourner

Oubliez Monaco si

  • vous voulez un deuxième passeport. Monaco ne vous en donnera pas dans un délai raisonnable et exige que vous renonciez à celui que vous avez. Comme nationalité de secours, c'est la pire option d'Europe ;
  • vous êtes ressortissant français. La convention de 1963 supprime l'avantage central ;
  • vous êtes citoyen américain. L'imposition fondée sur la nationalité vous suit où que vous viviez ;
  • vous n'êtes pas prêt à vivre physiquement sur place la majeure partie de l'année. Monaco vend son régime fiscal en échange d'une présence réelle, pas d'une adresse sur un formulaire ;
  • votre capital est illiquide et ne peut pas être placé dans une banque monégasque ;
  • vous cherchez une entrée bon marché. Le vrai plancher budgétaire ici est plus élevé que pour n'importe quel programme de résidence par investissement de l'Union européenne.

Où la procédure casse

  • La banque dit non. C'est le point d'échec le plus fréquent, et il survient avant même d'arriver à la police. La conformité monégasque est exigeante : origine des fonds, vérification des sanctions, statut de personne politiquement exposée, risque de réputation. Sans la lettre de la banque, il n'y a pas de dossier du tout.
  • Le visa de type D. La décision appartient à un consulat de France, avec sa propre file d'attente et ses propres motifs de refus. Ne planifiez pas votre installation autour d'une date fixe.
  • Refus sans motivation. La Sûreté publique évalue le dossier dans son ensemble, y compris la couverture médiatique et l'historique des litiges. Aucune motivation n'est exigée.
  • Le renouvellement. La première carte dure un an. Si vous n'avez pas vécu sur place, pas payé de factures et laissé la relation bancaire s'endormir, le renouvellement peut échouer et toute la dépense d'installation est perdue.
  • Votre ancienne résidence fiscale ne disparaît pas d'elle-même. Centre des intérêts vitaux, famille, biens et jours de présence sont évalués selon les règles de votre pays précédent. Une carte monégasque n'est pas un argument dans ce litige.
  • Échange d'informations. Monaco participe à l'échange automatique d'informations sur les comptes financiers. Un compte dans la Principauté n'est pas invisible pour le pays où vous êtes résident fiscal.
  • Résidence et statut fiscal ne sont pas la même chose. Une carte de séjour et un certificat de résidence fiscale sont des documents distincts aux exigences différentes, et le premier est bien plus facile à obtenir que le second.

En résumé

Monaco est un échange cher mais honnête : vous payez par un coût de la vie très élevé et une présence physique réelle, et vous obtenez zéro impôt sur le revenu, la sécurité et une excellente banque. Cela fonctionne pour des personnes disposant d'un capital de plusieurs millions et de revenus assez élevés pour qu'un taux nul l'emporte sur 300 000 à 600 000 euros de dépenses annuelles.

La nationalité, en revanche, ne doit pas être l'objectif. Dix ans de résidence, une ou deux dizaines de naturalisations par an, le pouvoir discrétionnaire personnel du Prince et une renonciation obligatoire à votre passeport actuel forment quelque chose que l'on ne peut pas planifier. Planifiez la résidence, et considérez la nationalité comme un bonus improbable quelque part après la douzième année.

Questions fréquentes

Comment obtenir la nationalité monégasque
Il faut au moins dix ans de résidence habituelle à Monaco après dix-huit ans, une demande adressée au Prince souverain et la renonciation à votre nationalité actuelle. Le Prince décide personnellement par ordonnance souveraine, et aucun motif n'est donné en cas de refus. Les naturalisations sont rares : 11 personnes en 2024 et 21 en 2025.
Nationalité monégasque
C'est l'une des nationalités les plus fermées d'Europe. La plupart des nouveaux Monégasques l'acquièrent par filiation ou par mariage plutôt que par naturalisation. La double nationalité n'est pas permise par la naturalisation, et un Monégasque qui prend une autre nationalité perd la monégasque.
Résidence à Monaco
La résidence est accordée par la Direction de la Sûreté publique. Il faut un logement dans la Principauté, une preuve de moyens financiers, des extraits de casier judiciaire couvrant les cinq dernières années et une assurance maladie. Les ressortissants hors Espace économique européen ont d'abord besoin d'un visa de type D via un consulat de France. La première carte vaut un an, une carte de trois ans suit après trois ans, et une carte privilégiée de dix ans après dix ans.
Combien d'argent faut-il pour la résidence à Monaco
Il n'y a pas de minimum légal. En pratique, une banque monégasque ouvrira un compte et délivrera la lettre de référence dont votre dossier a besoin à partir d'environ 500 000 euros, certaines banques plaçant la barre à un million ou plus. L'argent reste à vous : c'est une preuve de moyens, pas un paiement à l'État. Prévoyez à part le loyer, dès 7 000 euros par mois.
Peut-on acheter la nationalité monégasque
Non. Monaco n'a jamais eu de programme de citoyenneté par investissement. L'argent ne joue que sur votre capacité à obtenir et garder la résidence, et ne crée aucun droit à un passeport. Toute offre de vous vendre la nationalité monégasque est une escroquerie.
Impôts à Monaco pour les résidents
Il n'y a plus d'impôt sur le revenu des personnes physiques depuis 1869, ni d'impôt sur la fortune, de taxe foncière annuelle ou d'impôt sur les plus-values pour les particuliers. L'exception concerne les ressortissants français, qui restent imposables en France selon la convention de 1963. La TVA est de 20 %, l'impôt sur les bénéfices de 25 % quand une part importante du chiffre d'affaires vient de l'extérieur de Monaco, et les droits de succession sur les biens situés à Monaco vont de 0 % à 16 %.
Combien de jours faut-il vivre à Monaco
Aucun décompte de jours n'est publié dans la loi, mais les autorités vérifient que vous vivez réellement sur place à travers les factures, l'activité bancaire et les abonnements locaux. Le repère de travail pour les premières cartes est d'au moins trois mois par an, avec des attentes plus strictes pour la carte privilégiée. Pour un certificat de résidence fiscale, il faudra en pratique justifier d'environ 183 jours.

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