Vivre au Maroc à la retraite : comment Philippe et Sylvie ont quitté Lyon pour Agadir
Après deux séjours d'hiver à Agadir, Philippe et Sylvie ont vendu leur appartement lyonnais et se sont installés au Maroc le 1er octobre 2025. Un an plus tard, ils ont leur carte de séjour, leurs pensions sont imposées au Maroc et ils vivent dans leur appartement face à l'océan. Voici le chemin complet : carte de séjour, impôts, santé, banque, achat et budget.
En bref
- Le couple : Philippe, 66 ans, ancien responsable des achats dans l'industrie, et Sylvie, 64 ans, ancienne professeure des écoles. De Lyon à Agadir le 1er octobre 2025 ; leur fille Claire vit à Lyon avec Léo et Jade, leur fils Julien à Paris.
- Carte de séjour : une carte d'immatriculation « visiteur » pour chacun, dossier déposé sept semaines après l'arrivée, cartes reçues fin janvier 2026, renouvellement en janvier 2027.
- Impôts : leurs pensions ne sont imposées qu'au Maroc, 1 640 $ par an pour deux, à peine plus de 2 % de leurs pensions brutes.
- Santé : l'assurance maladie marocaine au titre de la convention de 2007, aux frais de la France, et l'adhésion à la Caisse des Français de l'étranger, 340 $ (298 €) par mois pour le couple.
- Logement : sept mois de location meublée à Sonaba, puis un appartement de 90 m² avec terrasse face à l'océan à Founty, acheté en avril 2026 pour 166 000 $ (1 650 000 dirhams) et payé en devises.
- Budget : 1 666 $ par mois pour deux, cotisation à la Caisse des Français de l'étranger comprise, et 9 920 $ pour l'installation, hors achat de l'appartement.
En détail
Un après-midi de février 2024, sur la promenade du bord de mer d'Agadir. Le soleil chauffe, il fait 22 degrés et l'océan est d'un bleu tranquille. Philippe a noué son pull gris sur ses épaules, Sylvie a gardé son foulard turquoise contre la brise. Ils sont arrivés de Lyon trois jours plus tôt, pour les vacances d'hiver. « À Lyon, on aurait sorti les gants », dit Sylvie. « Ici, je me demande pourquoi j'ai mis un manteau dans la valise. »

Philippe a 66 ans. Il a fait toute sa carrière dans une entreprise industrielle de la région lyonnaise, où il a fini par diriger le service achats, et a pris sa retraite en 2022. Sylvie, 64 ans, a été professeure des écoles pendant près de quarante ans ; elle a quitté sa classe à l'été 2024. Leur fille Claire vit à Lyon avec ses deux enfants, Léo et Jade ; leur fils Julien travaille à Paris. Pendant trente ans, le couple a habité un appartement de la Croix-Rousse.
Depuis le 1er octobre 2025, Philippe et Sylvie vivent à Agadir. Ils ont leur carte de séjour, leurs deux retraites sont imposées au Maroc et, au printemps 2026, ils ont acheté un appartement de 90 mètres carrés avec une terrasse face à l'océan. Philippe marche chaque matin sur la plage, Sylvie a rejoint un atelier d'aquarelle, et à Noël la famille est venue de Lyon.
Murblz a accompagné le couple à chaque étape : la carte de séjour, la fiscalité entre la France et le Maroc, le compte bancaire et l'achat de l'appartement. Philippe et Sylvie ont accepté de raconter leur histoire avec les vrais chiffres, pour montrer à d'autres retraités ce que veut dire vivre au Maroc, étape par étape.
Deux hivers à Agadir avant de décider
Le premier séjour ne devait être qu'une parenthèse au soleil. Mais pendant ces deux semaines de vacances d'hiver, Philippe a commencé à faire des comptes sur un coin de table : les loyers, le marché, la durée du vol. « Au bout de trois jours, il regardait déjà les annonces », raconte Sylvie.
L'hiver suivant, Sylvie était à la retraite. Ils sont revenus pour un vrai test : de début décembre 2024 à fin février 2025, presque trois mois dans un appartement loué près de la plage. Un Français entre au Maroc sans visa, pour 90 jours au plus : arrivés le 2 décembre, ils sont repartis le 27 février, deux jours avant la limite. Cette fois, ils ont vécu comme des habitants : le marché le matin, la promenade l'après-midi, des cours d'arabe dialectal deux fois par semaine.

Ils avaient aussi regardé du côté du Portugal et de l'Espagne, que nous détaillons dans nos guides de la retraite au Portugal et de la retraite en Espagne. Le Maroc l'a emporté pour quatre raisons :
- Le soleil. Agadir a l'hiver le plus doux des grandes villes marocaines : 21 °C l'après-midi en janvier, et il pleut moins de quatre jours par mois en hiver.
- La proximité. Lyon est reliée à Agadir par des vols directs toute l'année, en un peu plus de trois heures, et le décalage horaire reste léger : depuis le retour du Maroc à l'heure GMT, le 20 septembre 2026, Agadir a une heure de moins que Lyon en hiver, deux en été.
- La langue. Le français est d'usage courant dans les administrations, les banques et chez les médecins. Sylvie apprend l'arabe dialectal pour le plaisir, pas par nécessité.
- Le budget. Avec les mêmes pensions qu'en France, le couple vit plus confortablement qu'à Lyon, et la convention fiscale entre la France et le Maroc réserve l'impôt sur leurs pensions au Maroc.
Restait à choisir la ville. Marrakech les tentait pour sa médina, Essaouira pour son charme. Les normales climatiques ont tranché :
| Ville | Janvier, après-midi et nuit | Août, après-midi | Jours de pluie par an |
|---|---|---|---|
| Agadir | 21 °C et 8 °C | 27 °C | 21 |
| Marrakech | 19 °C et 6 °C | 37 °C | 29 |
| Essaouira | 18 °C et 11 °C | 22 °C | 31 |
| Rabat | 17 °C et 7 °C | 28 °C | 52 |
Moyennes officielles 1991-2020 des stations météorologiques marocaines.
À Marrakech, l'été dépasse 37 degrés ; à Essaouira, il ne fait que 22 degrés en août ; au nord, il pleut deux à trois fois plus. Avec 21 degrés en janvier et 27 en août, Agadir offre à la fois les après-midi d'hiver les plus chauds et un été chaud sans excès. Un mois après leur installation, en novembre 2025, leur choix a trouvé une confirmation de plus : la mise en service du CHU Mohammed VI d'Agadir, le nouvel hôpital universitaire de la région, avec 867 lits.
Ils ne sont pas seuls. Fin 2025, 58 016 Français étaient inscrits au registre consulaire au Maroc, la neuvième communauté française à l'étranger, dont 5 742 dans la circonscription d'Agadir, en hausse de plus de 4 % sur un an. Selon le recensement marocain de 2024, la présence française tient à la fois aux mutations professionnelles et aux installations de retraités. Tous les critères pour bien choisir son pays de retraite sont dans notre comparatif des meilleurs pays pour la retraite à l'étranger.
Vendre à Lyon, partir le 1er octobre
Rentrés à Lyon fin février 2025, ils ont décidé en mars de s'installer pour de bon. Garder l'appartement de la Croix-Rousse pour le louer aurait signifié gérer un locataire à plus de 2 000 kilomètres et conserver un logement en France, ce qui complique la question du domicile fiscal. Ils ont choisi de vendre. Mis en vente en avril, l'appartement a trouvé un acheteur en juin, et l'acte a été signé chez le notaire le 26 septembre 2025.
Ce calendrier avait une raison. Vendu avant le départ, alors qu'il était encore leur résidence principale, l'appartement n'a donné lieu à aucun impôt sur la plus-value. Le produit de la vente a financé, quelques mois plus tard, l'appartement d'Agadir.
Trier trente ans de vie a pris tout l'été. Les livres sont partis chez Claire, le buffet de famille chez Julien, une bonne partie du reste chez des voisins et dans une ressourcerie du quartier. Le 1er octobre, Philippe et Sylvie ont pris l'avion avec quatre valises ; une trentaine de cartons les ont suivis par camion. Pour un étranger qui vient s'installer au Maroc, les meubles et les affaires usagées entrent sans droits de douane, avec un inventaire détaillé, daté et signé, et un certificat de changement de résidence : les cartons sont passés sans frais. La voiture, ils l'ont vendue à Lyon. Une voiture immatriculée en France ne peut rester au Maroc que six mois par an, et la dédouaner aurait coûté une bonne part de sa valeur.

Avant de partir, ils ont déclaré leur nouvelle adresse à leurs caisses de retraite et à l'administration fiscale, résilié l'électricité, internet et l'assurance habitation, et fait un dernier bilan chez leur médecin traitant. Ils ont gardé leur compte bancaire français.
La carte de séjour : la mention « visiteur » pour les retraités
Pour entrer au Maroc, un Français n'a besoin que de son passeport, valable pour toute la durée du séjour. Sans titre de séjour, il peut y rester 90 jours. Au-delà, il lui faut une carte d'immatriculation, la carte de séjour marocaine ; rester sans elle expose à une amende pouvant atteindre 3 100 $ (30 000 dirhams) et à une reconduite à la frontière.
Première étape : un logement. Dès la première semaine, ils ont signé le bail d'un appartement meublé de trois pièces à Sonaba, un quartier calme à dix minutes à pied de la plage, avec une chambre d'amis : loyer de 760 $ (7 500 dirhams) par mois, caution de deux mois, bail d'un an résiliable avec un mois de préavis. Leurs signatures sur le bail ont été légalisées au bureau de légalisation de l'arrondissement : ce bail est le justificatif de domicile qu'exige la police pour la carte de séjour.

Retraités sans activité, Philippe et Sylvie ont déposé chacun une demande de carte d'immatriculation avec la mention « visiteur », destinée à ceux qui vivent de leurs propres ressources et s'engagent à ne pas travailler au Maroc. Le dossier se dépose en personne, sur rendez-vous, au service des étrangers de la police d'Agadir. Celui que Murblz a préparé avec eux comprenait, pour chacun :
- le passeport et la copie des pages d'identité et du tampon d'entrée ;
- le formulaire de demande et des photos d'identité ;
- le bail de l'appartement, avec les signatures légalisées ;
- les attestations de pension de leurs caisses et le relevé du virement de la vente lyonnaise vers le Maroc ;
- un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois, obtenu gratuitement en ligne ;
- un certificat médical établi par un médecin d'Agadir ;
- une déclaration sur l'honneur de ne pas exercer d'activité professionnelle ;
- le timbre fiscal de 11 $ (100 dirhams) par année de validité de la carte.
La loi ne fixe pas de revenu minimum : la police vérifie que les ressources suffisent pour vivre au Maroc, et avec deux retraites françaises, la question ne s'est pas posée. Le dossier a été déposé le 20 novembre 2025, sept semaines après l'arrivée, bien avant la fin des 90 jours. Un récépissé remis le jour même a tenu lieu de titre de séjour pendant l'instruction, et les deux cartes biométriques sont arrivées fin janvier 2026, valables un an.
Depuis, le couple applique deux règles simples. Chaque changement d'adresse se déclare à la police : ils l'ont fait en mai 2026, en emménageant dans leur appartement. Et le renouvellement se dépose avant l'expiration de la carte : le leur est prévu pour janvier 2027. Après quatre ans de séjour régulier sans interruption, ils pourront solliciter la carte de résidence de dix ans.
La carte de séjour se prépare avant le départ
Les erreurs coûtent plus cher que le timbre fiscal : un dossier déposé après les 90 jours, un bail sans signatures légalisées, des relevés qui ne montrent pas l'argent transféré au Maroc, un casier judiciaire de plus de trois mois, un changement d'adresse non déclaré. L'accompagnement de Murblz élimine ces risques : nous préparons le dossier de chaque conjoint, vérifions chaque pièce avant le dépôt et suivons la demande jusqu'à la carte, avec des partenaires agréés au Maroc. Nous garantissons un travail professionnel et une démarche transparente, et dans la plupart des cas un résultat dès le premier dépôt.
Les impôts : deux retraites, un seul pays
C'est la question que Philippe a posée dès le premier rendez-vous avec Murblz : où paierons-nous nos impôts ? La réponse tient dans la convention fiscale signée entre la France et le Maroc en 1970. Son article 17 prévoit que les pensions ne sont imposables que dans le pays où le retraité a son domicile fiscal. La doctrine fiscale française le dit sans détour : les pensions versées depuis la France à une personne domiciliée au Maroc cessent de plein droit d'être imposables en France.
Fait rare, la règle vaut aussi pour la pension de fonctionnaire de Sylvie. Dans la plupart des conventions signées par la France, une pension publique reste imposée en France ; la convention avec le Maroc ne fait pas d'exception pour les pensions. Résidente fiscale marocaine, Sylvie ne subit plus aucune retenue d'impôt sur sa pension de l'État.
Encore faut-il être résident fiscal au Maroc. En vendant leur appartement de Lyon, ils n'ont plus de foyer en France : au sens de la convention, leur domicile fiscal est désormais à Agadir. Côté marocain, on devient résident fiscal dès qu'on a au Maroc son foyer permanent, le centre de ses intérêts économiques ou dès que ses séjours y dépassent 183 jours sur 365. Une fois inscrits auprès de la direction des impôts marocaine, Philippe et Sylvie demandent chaque année leur attestation de résidence fiscale et l'envoient à leurs caisses de retraite françaises.
Au Maroc, chaque époux déclare sa propre pension, avant le 1er mars de l'année suivante. Le calcul est favorable aux retraités dont la pension vient de l'étranger :
- un abattement de 70 % sur la pension jusqu'à 17 000 $ (168 000 dirhams) par an, puis de 40 % au-delà ;
- un barème progressif, dont la première tranche jusqu'à 4 100 $ (40 000 dirhams) par an n'est pas imposée et dont le taux le plus élevé est de 37 % ;
- une réduction de 80 % de l'impôt correspondant aux sommes transférées définitivement au Maroc en dirhams non convertibles.
Côté français, plus d'impôt sur le revenu, plus de CSG, de CRDS ni de contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (CASA), qui prendraient jusqu'à 9,1 % de leurs pensions. Seule reste la cotisation d'assurance maladie des retraités domiciliés hors de France, que leurs caisses prélèvent avant le virement : 3,2 % sur les pensions de base, 4,2 % sur la retraite complémentaire de Philippe. Elle maintient leurs droits à l'assurance maladie française, qui prend en charge leurs soins au Maroc.
Voici leur impôt marocain pour 2026, leur première année complète à Agadir, à déclarer avant le 1er mars 2027 :
| Philippe | Sylvie | |
|---|---|---|
| Pension brute de l'année | 42 000 $ (37 200 €) | 31 000 $ (27 600 €) |
| Base imposable après abattement | 20 000 $ (198 743 dirhams) | 14 000 $ (134 448 dirhams) |
| Impôt selon le barème | 4 700 $ (46 135 dirhams) | 2 400 $ (23 712 dirhams) |
| Part de la pension arrivée au Maroc | 96 % | 97 % |
| Impôt après la réduction de 80 % | 1 100 $ (10 551 dirhams) | 540 $ (5 349 dirhams) |
Les montants en dollars suivent le taux officiel pour 2026, 1,1177 dollar pour un euro, et le taux de 2026, 9,9765 dirhams pour un dollar, arrondis à la hausse ; les pensions sont converties en dirhams à 11,1623 dirhams pour un euro. La réduction de 80 % ne joue que sur la part de la pension effectivement arrivée au Maroc, après le prélèvement de la cotisation maladie.
Au total, le couple paie 1 640 $ d'impôt par an, à peine plus de 2 % de ses pensions brutes. Le projet de budget 2027 prévoit en outre d'alléger progressivement le barème de l'impôt sur le revenu d'ici 2031. Chaque année, Philippe et Sylvie joignent à leur déclaration l'attestation de leurs caisses et celle de leur banque marocaine, qui indique les euros reçus et leur contre-valeur en dirhams.
L'année du départ s'est réglée sans double imposition. Au printemps 2026, ils ont rempli une dernière déclaration française pour les revenus perçus jusqu'au 30 septembre 2025, en indiquant la date du départ et leur nouvelle adresse. Leurs pensions d'octobre à décembre 2025 relevaient déjà du Maroc : ils les ont déclarées à Agadir en février 2026, leur première déclaration marocaine. Le détail des règles marocaines est sur notre page consacrée aux impôts au Maroc.
La santé : la convention de 2007 et la Caisse des Français de l'étranger
C'était l'une des premières questions du couple. Tout repose sur la convention de sécurité sociale signée entre la France et le Maroc en 2007 et en vigueur depuis 2011. Un retraité d'un régime français qui vit au Maroc y est soigné au titre de l'assurance maladie obligatoire marocaine, l'AMO, et c'est la France qui paie. La règle vaut pour Philippe, ancien salarié du privé, comme pour Sylvie, ancienne fonctionnaire.
En pratique, Philippe a obtenu le formulaire de la convention auprès de l'Assurance retraite, Sylvie auprès de la direction spécialisée des finances publiques pour l'étranger, à Nantes, qui lui verse désormais sa pension ; tous deux l'ont déposé à l'agence de la Caisse nationale de sécurité sociale d'Agadir. Les remboursements suivent les tarifs de référence marocains, nettement inférieurs aux prix des cabinets et des cliniques privés : selon l'estimation des experts Murblz, une consultation de spécialiste y coûte à partir de 31 $ (300 dirhams). Pour couvrir la différence, ils ont adhéré ensemble à la Caisse des Français de l'étranger, dans la formule famille de l'offre réservée aux retraités qui gardent leurs droits en France : elle ne couvre que les soins hors de France, rembourse sur la base des tarifs de la Sécurité sociale et coûte, depuis le 1er avril 2026, 1 000 $ (894 €) par trimestre pour eux deux, soit 340 $ (298 €) par mois.
Lors de leurs séjours en France, Philippe et Sylvie restent soignés par l'Assurance maladie, comme tout retraité qui a cotisé au moins quinze ans en France. Chacun ayant sa propre retraite, chacun garde ce droit. À Agadir, ils ont trouvé un médecin généraliste francophone près de chez eux, et le nouveau CHU complète l'offre des cliniques privées de la ville.
Le compte en banque et les pensions
Dès octobre 2025, avec leur passeport, Philippe et Sylvie ont ouvert dans l'une des plus grandes banques du pays un compte en dirhams convertibles, sur lequel ils ont viré le produit de la vente lyonnaise. L'argent de ce compte peut repartir en France sans autorisation. En décembre, ils ont ouvert dans la même banque un compte courant en dirhams : depuis janvier 2026, leurs trois pensions, la retraite de base et la complémentaire de Philippe et la pension de l'État de Sylvie, y sont versées directement.
Chaque compte a son rôle. La réduction d'impôt de 80 % ne vaut que pour les pensions transférées définitivement en dirhams non convertibles : elles arrivent donc sur le compte ordinaire. L'épargne reste sur le compte convertible, libre de repartir, et leur compte français sert aux dépenses en France. Une fois par an, ils valident leur certificat d'existence, commun à toutes leurs caisses, depuis l'application « Mon certificat de vie », sans passer par le consulat. Les règles des virements entre la France et le Maroc sont détaillées dans notre guide pour envoyer de l'argent au Maroc.
Noël au soleil, avec les petits-enfants
Restait la distance avec la famille, la vraie crainte de Sylvie. Elle s'est dissipée aux premières fêtes. Claire est arrivée de Lyon au début des vacances scolaires de Noël, avec Léo et Jade : un peu plus de trois heures de vol direct et une chambre d'amis dans l'appartement loué. En décembre, les après-midi atteignent en moyenne 22 degrés à Agadir, et l'eau de l'océan reste autour de 18 degrés.

Les enfants ont passé les vacances sur la plage, à construire des châteaux de sable ; Jade n'a pas quitté son bonnet de Père Noël. Le réveillon s'est fait à la maison, avec une bûche et des cornes de gazelle achetées au marché. « Je m'attendais à les trouver dépaysés, ce sont eux qui nous ont fait visiter leur ville », dit Claire.
Depuis, le rythme est pris. Les petits-enfants reviennent pendant les vacances scolaires, Philippe et Sylvie passent quelques semaines chez Claire, à Lyon, au printemps et à l'automne, et Julien descend de Paris dès qu'il le peut. Le reste du temps, les appels vidéo du dimanche ont remplacé les déjeuners de famille.
L'appartement face à l'océan
Ils s'étaient promis de louer au moins six mois avant d'acheter. Tout l'hiver, Philippe et Sylvie ont visité des appartements le samedi matin : la marina, trop animée en été et trop chère ; le centre, vivant mais sans vue sur l'océan ; Founty enfin, au sud de la baie, avec sa promenade plate le long de la plage, ses résidences récentes et ses commerces accessibles à pied. En mars 2026, ils ont trouvé : 90 mètres carrés au troisième étage d'une résidence à deux rues de la plage, avec ascenseur et gardien, deux chambres, dont une pour les invités, et une terrasse face à l'océan.
En ville, un étranger achète un appartement titré exactement comme un Marocain, sans autorisation particulière ; seules les terres agricoles hors des villes lui restent fermées. Avant la promesse de vente, la notaire a obtenu le certificat de propriété de la Conservation foncière et vérifié le titre foncier de l'appartement : le nom du vendeur, l'absence d'hypothèque et de saisie, la surface. Le prix, 166 000 $ (1 650 000 dirhams), soit environ 1 900 $ (18 000 dirhams) le mètre carré, correspond au bas du marché pour une vue sur l'océan à Founty, selon l'estimation des experts Murblz ; à la marina, il faut compter nettement plus. Au printemps 2026, selon les données officielles, les prix des appartements à Agadir sont restés quasi stables : +0,9 % sur le trimestre.

L'acte a été signé en avril 2026. Dans les 30 jours, la notaire l'a enregistré auprès de l'administration fiscale, puis a inscrit Philippe et Sylvie comme propriétaires sur le titre foncier. Voici ce qu'a coûté l'achat :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Prix de l'appartement | 166 000 $ (1 650 000 dirhams) |
| Droits d'enregistrement, 4 % | 6 700 $ (66 000 dirhams) |
| Conservation foncière, 1,5 % et droit fixe | 2 500 $ (24 850 dirhams) |
| Honoraires de la notaire, taxes comprises | 2 000 $ (19 800 dirhams) |
| Total | 177 200 $ |
Les frais ont ajouté près de 7 % au prix. Le paiement a suivi une règle simple : tout en devises. Les euros de la vente lyonnaise, arrivés de France sur leur compte en dirhams convertibles, ont réglé le prix chez la notaire, et l'acte mentionne ce paiement ; la banque a remis l'attestation de change. Grâce à ce financement en devises, l'appartement relève du régime de convertibilité : le jour où ils le revendront, le prix et la plus-value pourront repartir en France librement.
Ils ont emménagé en mai 2026, un mois après la signature, et quitté l'appartement loué avec le mois de préavis prévu au bail. Résidence principale oblige, leur taxe d'habitation ne portera que sur un quart de la valeur locative de l'appartement, et la taxe de services communaux s'y ajoutera : toutes deux sont dues par le propriétaire au 1er janvier, ils les paieront à partir de 2027.
Ce que coûte la vie à Agadir
Philippe tient les comptes depuis le premier mois, dans le même carnet qu'à Lyon. Voici leur budget mensuel, une fois propriétaires :
| Poste | Par mois |
|---|---|
| Courses alimentaires et marché | 410 $ (4 000 dirhams) |
| Électricité et eau | 41 $ (400 dirhams) |
| Internet et deux forfaits mobiles | 51 $ (500 dirhams) |
| Charges de copropriété, assurance et taxes locales (dès 2027) | 81 $ (800 dirhams) |
| Aide ménagère, deux matinées par semaine | 120 $ (1 100 dirhams) |
| Restaurants, cafés et sorties | 210 $ (2 000 dirhams) |
| Petits taxis et transports | 51 $ (500 dirhams) |
| Atelier d'aquarelle et loisirs | 51 $ (500 dirhams) |
| Soins et pharmacie non remboursés | 31 $ (300 dirhams) |
| Caisse des Français de l'étranger, pour deux | 340 $ (298 €) |
| Billets d'avion pour la France, en moyenne | 120 $ (100 €) |
| Voyages au Maroc et imprévus | 160 $ (1 500 dirhams) |
| Total | 1 666 $ |
Au total, 1 666 $ par mois pour deux, moins d'un tiers de leurs pensions nettes. Le premier poste reste l'alimentation, devant la cotisation à la Caisse des Français de l'étranger, payée en euros depuis leur compte français. Locataires, ils devraient ajouter un loyer comme celui de Sonaba, 760 $ (7 500 dirhams) par mois.
Ce que coûte l'installation
Hors achat de l'appartement, détaillé plus haut, l'installation a coûté au couple 9 920 $ :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Déménagement d'une trentaine de cartons par camion | 1 500 $ (1 300 €) |
| Billets d'avion aller simple pour deux, avec quatre valises | 450 $ (400 €) |
| Frais d'agence de la location, un mois de loyer | 760 $ (7 500 dirhams) |
| Cartes de séjour : timbres, certificats médicaux, photos et légalisations | 110 $ (1 000 dirhams) |
| Meubles et électroménager pour l'appartement | 7 100 $ (70 000 dirhams) |
| Total | 9 920 $ |
La caution de deux mois versée pour la location leur a été rendue en mai 2026, à la remise des clés. La vente de leur voiture à Lyon a payé à elle seule le déménagement et les billets d'avion.
Leurs conseils aux retraités qui veulent vivre au Maroc
Après un an à Agadir, Philippe et Sylvie ont leur propre liste pour ceux qui préparent le même chemin :
- Passer un hiver sur place avant de décider. Près de trois mois en location leur ont appris plus que tous les guides : le quartier, le marché, le rythme de la ville hors saison.
- Vendre avant de partir. Encore résidence principale au jour de la vente, leur appartement lyonnais n'a supporté aucun impôt sur la plus-value.
- Déposer la carte de séjour sans attendre. Les 90 jours passent vite ; leur dossier était déposé sept semaines après l'arrivée.
- Faire verser les pensions sur un compte ordinaire en dirhams. C'est la condition de la réduction d'impôt de 80 % ; l'épargne, elle, reste sur un compte convertible.
- Vérifier les droits de chacun à l'assurance maladie. Un conjoint sans retraite propre n'est pas pris en charge lors des séjours en France.
- Demander le formulaire de la convention dès que la date du départ est fixée. Le formulaire est ainsi prêt à déposer à la Caisse nationale de sécurité sociale dès l'arrivée au Maroc.
- Louer avant d'acheter, et payer l'achat en devises. Les mois de location leur ont permis de choisir le quartier ; payé avec des euros venus de France, l'appartement pourra un jour être revendu et le produit rapatrié librement.
Comment Murblz aide les retraités à s'installer au Maroc
Les spécialistes de Murblz et leurs partenaires au Maroc ont accompagné Philippe et Sylvie à chaque étape, et c'est ainsi qu'ils travaillent avec d'autres retraités :
- Carte de séjour : le dossier de carte d'immatriculation « visiteur » pour chacun des conjoints, le dépôt et le suivi jusqu'à la carte, puis les renouvellements, voir l'expatriation au Maroc.
- Impôts : la sortie de la résidence fiscale française, l'inscription auprès de l'administration fiscale marocaine et les déclarations annuelles avec la réduction de 80 %, voir les impôts au Maroc pour les étrangers.
- Banque et transferts : l'ouverture des comptes en dirhams et en dirhams convertibles et le versement des pensions au Maroc, voir comment envoyer de l'argent au Maroc.
- Santé : l'inscription à l'assurance maladie marocaine au titre de la convention et l'adhésion à la Caisse des Français de l'étranger.
- Logement : la location du premier appartement, puis l'achat, avec la vérification du titre foncier et le paiement en devises.
Le coût de l'accompagnement dépend des étapes choisies : un conseiller le calcule dans le chat.
La vie qu'ils ont choisie
Un soir de la fin octobre 2026, sur la terrasse de leur appartement. Il est 17 h 40, le soleil descend dans l'océan, Sylvie a servi le thé à la menthe dans la théière argentée achetée au souk, Philippe a passé son pull gris. Sur la tablette, Julien appelle de Paris, où il est déjà 18 h 40. « Papa, tu as encore bronzé », dit Julien. « C'est la retraite, ça », répond Philippe.

« On nous disait qu'à notre âge, partir, c'était courir après le soleil », dit Sylvie. « En réalité, on a gagné du temps : pour marcher, peindre, recevoir les enfants. » Philippe a sa marche du matin sur la plage, Sylvie son atelier d'aquarelle du mardi, et la chambre d'amis est déjà réservée pour Noël.
En un an, le couple a parcouru tout le chemin : la vente à Lyon, la carte de séjour, des impôts réglés entre deux pays, la couverture santé, le compte en banque et un appartement face à l'océan. À chaque étape, les spécialistes de Murblz étaient à leurs côtés. Votre projet aussi peut se réaliser : vivre au Maroc à la retraite suit les mêmes étapes pour tous, et chacune a son délai, sa liste de documents et son responsable. Dites à un conseiller Murblz qui part et ce dont vous rêvez, une maison au soleil, une terrasse face à la mer, les petits-enfants à trois heures de vol. Il étudie votre situation et planifie votre installation étape par étape. La première consultation est gratuite. Préparer notre installation au Maroc
Questions fréquentes
Peut-on toucher sa retraite française en vivant au Maroc ?
Quel budget prévoir pour vivre au Maroc à la retraite ?
Comment obtenir une carte de séjour au Maroc quand on est retraité ?
Où est imposée une retraite française quand on vit au Maroc ?
Une pension de fonctionnaire est-elle imposée en France ou au Maroc ?
Quelle couverture santé pour un retraité français au Maroc ?
Un étranger peut-il acheter un appartement au Maroc ?
Combien de temps un Français peut-il rester au Maroc sans carte de séjour ?
Quelle ville choisir pour vivre au Maroc à la retraite ?
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