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QazETA : le Kazakhstan instaure un permis d'entrée payant pour les Russes et les autres visiteurs sans visa

13 min de lecture · ·

Ce que l'on sait en 2026 : le calendrier de déploiement, le tarif, la démarche pas à pas, les exemptions et le lien avec la règle des 90 jours

Le 25 août 2026, des amendements à la loi kazakhe sur les migrations (loi no 326-VIII du 24 juin 2026) sont entrés en vigueur et ont instauré une autorisation de voyage électronique pour les citoyens des pays exemptés de visa. La plateforme QazETA fonctionne déjà, mais en mode pilote : l'autorisation est délivrée gratuitement, les voyageurs qui n'en ont pas sont encore admis, et les gardes-frontières les préviennent que la porte va bientôt se fermer. Voici ce que cela signifie en pratique, surtout pour les Russes, qui jusqu'ici entraient au Kazakhstan avec leur passeport intérieur sans rien payer à la frontière.

Ce qui s'est passé et ce qui reste à trancher

Trois niveaux comptent ici : la loi, le projet de règles et les déclarations officielles. La loi est votée et en vigueur : l'obligation d'avoir une autorisation est donc acquise et ne disparaîtra pas. Le ministère de l'Intérieur a publié le projet de règles d'application sur le portail public des projets de textes le 31 juillet 2026. Tous les chiffres et dates qui circulent (1er novembre, environ 10 $, 180 jours) viennent de ce projet et d'une note envoyée aux ministères des Affaires étrangères (c'est celui de Serbie qui l'a publiée).

Les 31 août et 1er septembre, le ministère a toutefois publié une déclaration distincte : les dates d'obligation, la liste des pays, la procédure de délivrance et le tarif seront confirmés plus tard, et les données publiées auparavant ne sont pas définitives. Pour l'instant, QazETA est facultatif et gratuit, et ne pas avoir d'autorisation n'est pas un motif de refus d'entrée. Autrement dit, au 5 septembre, il y a une loi en vigueur et un calendrier de travail, mais aucune résolution gouvernementale fixant le tarif. Nous citons les chiffres du projet car c'est sur eux qu'il faut se préparer, mais vérifiez de nouveau avant de partir.

Qui est concerné

L'autorisation vise les ressortissants des pays qui entrent au Kazakhstan sans visa. La note officielle cite pour la première vague la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et la Turquie, ce qui couvre tous les grands flux d'arrivée. Au seul premier semestre 2026, 1,275 million de Russes se sont rendus au Kazakhstan, dont environ 80 % par voie terrestre. Le système doit à terme s'étendre aux 87 pays exemptés de visa, mais le ministère indique que la liste exacte et le calendrier seront annoncés séparément.

Pour les Russes, les Biélorusses, les Arméniens et les Kirghiz, l'enjeu est plus large : c'est la première barrière payante à une frontière entre membres de l'Union économique eurasiatique. Le traité de l'Union garantit la libre circulation des travailleurs mais n'interdit pas le préenregistrement des arrivées, et le Kazakhstan a utilisé cette brèche. L'exemption de visa elle-même n'est pas touchée : la règle des 90 jours sur 180 reste exactement la même.

Un déploiement par étapes

DateCe qui changeQui est concerné
25 août 2026Mode pilote : autorisation délivrée gratuitement, voyageurs sans autorisation admis avec un avertissementTous les ressortissants exemptés de visa
1er novembre 2026Autorisation obligatoire dans les aéroports ; les compagnies aériennes doivent la vérifier à l'enregistrementPassagers aériens
15 novembre 2026Autorisation obligatoire aux postes routiers de la frontière extérieure de l'Union économique eurasiatiqueArrivées de Chine, d'Ouzbékistan, du Turkménistan
30 novembre 2026Autorisation obligatoire aux postes routiers à l'intérieur de l'UnionArrivées de Russie et du Kirghizistan
15 décembre 2026Autorisation obligatoire aux points de passage ferroviaires et maritimesTrains, ferries de la Caspienne

La logique est simple : commencer par l'aviation, où le contrôle peut être reporté sur les transporteurs, et finir par le tronçon le plus fréquenté et le plus difficile à surveiller, la frontière terrestre russe. Si vous entrez en voiture par Petropavl, Oral ou Troïtsk, votre échéance est le 30 novembre. Encore une fois : ce sont des dates de projet, et le ministère s'est réservé le droit de les déplacer.

Coût et validité

PosteValeur (selon le projet de règles)
Demande en ligne au moins 72 heures avant l'entréeenviron 10 $, payés à l'État
Délivrance à la frontièreenviron 20 $, payés à l'État
Validité180 jours calendaires à partir de la délivrance
EntréesMultiples : entrées illimitées pendant les 180 jours
Durée du séjourInchangée : 90 jours sur 180 pour les Russes
Pendant le piloteGratuit

Le montant est faible, mais notez le tarif double pour la délivrance à la frontière. Le projet ne dit pas non plus si la délivrance sur place existera à chaque point de passage : dans les aéroports, la compagnie ne vous laissera tout simplement pas embarquer sans autorisation. Selon le projet, les recettes sont partagées en deux : une part finance l'infrastructure numérique de contrôle migratoire, l'autre va au développement du tourisme.

La démarche, étape par étape

L'autorisation n'est délivrée que par l'application mobile QazETA (dans les boutiques d'applications ; site qazeta.kz). Il n'existe pas de formulaire web.

  • Étape 1. Installez l'application et créez un compte : nom, téléphone, courriel, mot de passe. La décision arrive par courriel : utilisez une adresse que vous lisez vraiment.
  • Étape 2. Photographiez la page de données de votre document. Pour un passeport biométrique, des essais fin août montrent que l'application exige aussi la lecture sans contact de la puce : un téléphone dépourvu de cette fonction ne peut pas terminer la demande pour un tel passeport. Les Russes peuvent utiliser un passeport international ou intérieur : l'autorisation est liée à un document précis, et vous devez entrer avec ce même document.
  • Étape 3. Vérifiez les données extraites. Toute différence avec le passeport est un problème assuré à l'enregistrement.
  • Étape 4. Indiquez le but du voyage (tourisme, affaires, études, transit), le mode d'entrée (avion, route, rail, mer) et les dates prévues.
  • Étape 5. Remplissez vos coordonnées et la région du Kazakhstan visitée. Les versions précédentes de l'application avaient aussi des écrans de déclaration sanitaire et douanière et demandaient billets et réservations d'hôtel ; les champs changent sans cesse, comptez donc une vingtaine de minutes.
  • Étape 6. Payez les frais (une fois le tarif approuvé) et attendez la décision par courriel. Aucun délai de traitement n'a été publié, d'où le minimum de 72 heures.

Quelles données sont collectées

Données personnelles, données du document, dates et but du voyage, coordonnées et région. La loi prévoit expressément un profil de l'étranger avec données personnelles et biométriques, traité par le ministère de l'Intérieur avec les services de sécurité nationale. Ce n'est pas une formalité touristique mais un outil de suivi : le Kazakhstan saura à l'avance qui compte entrer et pour combien de temps, et le croisera avec vos séjours précédents.

Les titulaires d'un titre de séjour ou d'un numéro individuel ont-ils besoin de l'autorisation ?

La loi exempte trois groupes : les titulaires d'un visa kazakh valide, d'un titre de séjour temporaire et d'un titre de séjour permanent. Un numéro d'identification individuel ne change rien à lui seul : c'est un numéro fiscal, pas un statut migratoire. Si vous avez un numéro individuel, un compte dans une banque kazakhe et même une activité d'entrepreneur individuel immatriculée, mais pas de titre de séjour temporaire ou permanent, vous êtes un visiteur sans visa ordinaire et il vous faut l'autorisation.

Une réserve pratique : le ministère n'a pas encore expliqué comment les compagnies aériennes et les gardes-frontières reconnaîtront un titulaire de titre de séjour lors des contrôles. En attendant des consignes, gardez votre carte de résident ou votre document de séjour temporaire à portée de main à l'enregistrement, et si vous voyagez dans les premières semaines après le 1er novembre, prenez quand même une autorisation : elle coûte peu, rester bloqué au comptoir d'enregistrement coûte cher.

Pour qui passe beaucoup de temps dans le pays, la conclusion est évidente : un titre de séjour au Kazakhstan règle à la fois la question de l'autorisation et celle des 90 jours. Nous comparons les autres voies vers un statut légal dans notre rubrique titres de séjour par pays.

Comment l'autorisation s'articule avec la règle des 90/180

Elle ne s'y articule pas : ce sont deux compteurs indépendants. L'autorisation est valable 180 jours et permet des entrées illimitées. Le droit de séjour, pour les Russes, est plafonné à 90 jours sur 180, et depuis le 27 janvier 2023, sortir et revenir ne remet plus le compteur à zéro. Une autorisation valide ne vous protégera pas d'un refus à la frontière si votre quota de séjour est épuisé, et ne le prolonge pas.

Sanctions pour dépassement en 2026 (un indice de calcul mensuel = 4 325 tenges) : jusqu'à 3 jours, un avertissement ; de 3 à 5 jours, 10 indices (43 250 tenges) ; de 5 à 10 jours, 15 indices (64 875 tenges) ; plus de 10 jours, 25 indices (108 125 tenges) ou l'expulsion avec interdiction d'entrée de cinq ans. Une récidive dans l'année entraîne l'expulsion. Avec l'autorisation, ces infractions seront visibles par le système avant même le décollage, et nous nous attendons à ce que les refus d'autorisation pour les personnes ayant déjà dépassé leur séjour deviennent courants.

Enfants, retraités, transit

  • Enfants. La foire aux questions de la plateforme indique qu'aucune autorisation n'est nécessaire avant 16 ans. Une autre réponse de la même foire aux questions cite 18 ans, un écart que le ministère n'a pas encore tranché. Partez de 16 ans et suivez les mises à jour. Rappelez-vous que depuis le 20 janvier 2026, les enfants de moins de 14 ans n'entrent au Kazakhstan qu'avec leur propre passeport ; une mention dans le passeport d'un parent ne suffit plus.
  • Retraités. Les personnes de 65 ans et plus sont dispensées.
  • Transit. Seuls les voyageurs qui restent dans la zone de transit d'un aéroport international (jusqu'à 3 jours) sont dispensés. Tout transit terrestre, par exemple en voiture de la Russie au Kirghizistan à travers le Kazakhstan, compte comme une entrée et exige l'autorisation.
  • Diplomates. Les titulaires de passeports diplomatiques et de service, les membres de délégations officielles et le personnel diplomatique accrédité sont dispensés.

Les risques : autorisation expirée, refus, compagnies aériennes

Trois scénarios auxquels se préparer.

  • L'autorisation a expiré ou a été délivrée pour un autre document. Après le 1er novembre, la compagnie refusera l'embarquement à l'aéroport de départ, exactement comme pour les autorisations électroniques canadienne, britannique et sud-coréenne. Aux postes routiers russes, vous serez admis jusqu'au 30 novembre ; ensuite, on vous enverra faire la demande au tarif double, si cette option existe au point de passage concerné.
  • L'autorisation est refusée. Aucune procédure de recours n'a été publiée. Par analogie avec des systèmes semblables, un refus signifie qu'il vous faudra un visa consulaire pour entrer.
  • Une autorisation accordée ne garantit pas l'entrée. C'est la position officielle : la décision finale revient au garde-frontière. L'autorisation lève un filtre ; elle ne remplace pas le contrôle à la frontière.

Pourquoi maintenant : le durcissement de 2025-2026

QazETA n'est pas une mesure isolée mais la dernière étape d'une politique cohérente. Les allers-retours à la frontière pour remettre le compteur à zéro ont été supprimés en janvier 2023. En 2025, plus de 200 000 étrangers ont reçu des sanctions administratives, près de 10 000 ont été expulsés avec une interdiction de cinq ans, et environ 14 800 hébergeurs ont été mis à l'amende pour ne pas avoir déclaré l'arrivée d'un étranger. L'opération « Illégal » de mars 2026 a mis au jour plus de 7 000 infractions. Depuis le printemps 2026, un pilote courant jusqu'à la fin de l'année a durci la voie générale du titre de séjour : preuve de 5,7 millions de tenges sur un compte bancaire, test de langue kazakhe avec 70 % de réussite requis, une année obligatoire de résidence dans les régions du nord et de l'est, et Almaty et Astana fermées à la plupart des candidats. Le ministère de l'Intérieur parle publiquement d'achever un système fondé sur l'intelligence artificielle pour surveiller les séjours des étrangers.

Le tableau est sans ambiguïté : le Kazakhstan passe d'un modèle de porte ouverte pour ses voisins à une entrée contrôlée avec profilage préalable. Pour une visite d'une semaine, c'est une corvée à 10 $. Pour qui a bâti une vie entre deux pays autour du Kazakhstan, c'est le signal de sécuriser un statut avant que les règles de séjour ne se durcissent encore. Nous avons décrit les mécanismes de l'installation dans S'installer au Kazakhstan en 2026.

Que faire si vous allez régulièrement au Kazakhstan

  • Installez QazETA et obtenez une autorisation maintenant, tant qu'elle est gratuite : une autorisation de 180 jours couvre tous les voyages jusqu'à fin février 2027.
  • Comptez vos jours selon la règle des 90/180 sur les six derniers mois : avec l'autorisation, votre historique de séjour sera vérifié automatiquement.
  • Si vous passez plus de 90 jours par semestre au Kazakhstan, y travaillez ou y avez une activité, demandez un titre de séjour temporaire ou permanent. Les programmes, conditions et délais sont résumés sur notre page Kazakhstan.
  • Si vous vivez déjà au Kazakhstan plus de 183 jours par an, vous êtes très probablement résident fiscal kazakh, avec tout ce que cela implique pour vos revenus et comptes étrangers. Voir les impôts au Kazakhstan et notre comparaison des systèmes fiscaux.
  • Si le Kazakhstan est une première étape plutôt que la destination, regardez notre accompagnement à l'installation : nous aidons à enchaîner les statuts pour que de nouvelles barrières comme cette autorisation ne fassent pas dérailler le plan.

Questions fréquentes

QazETA est-il déjà obligatoire ?
Non. Depuis le 25 août 2026, la plateforme fonctionne en mode pilote : l'autorisation est gratuite et les voyageurs qui n'en ont pas sont admis avec un avertissement. Selon le projet de règles, elle devient obligatoire le 1er novembre pour les passagers aériens, les 15 et 30 novembre aux postes routiers, et le 15 décembre pour les arrivées par rail et par mer. Le ministère kazakh de l'Intérieur a prévenu que ces dates ne sont pas définitives et seront confirmées séparément.
Combien coûte l'autorisation d'entrée au Kazakhstan ?
Selon le projet de règles, environ 10 $ si vous la demandez en ligne au moins 72 heures à l'avance, et environ 20 $ si elle est délivrée à la frontière. C'est un paiement à l'État. Le gouvernement n'a pas encore approuvé le tarif ; pendant le pilote, l'autorisation est gratuite.
Faut-il l'autorisation si l'on a un titre de séjour kazakh, temporaire ou permanent ?
Non. La loi exempte les titulaires d'un visa valide, d'un titre de séjour temporaire et d'un titre de séjour permanent. Un numéro d'identification individuel seul ne suffit pas : c'est un numéro fiscal, pas un statut migratoire. Gardez votre document de séjour sur vous à l'enregistrement, car le ministère n'a pas encore expliqué comment les compagnies aériennes vérifieront les exemptions.
L'autorisation change-t-elle la règle des 90 jours ?
Non. L'autorisation est valable 180 jours et permet des entrées multiples, mais les Russes ne peuvent toujours rester au Kazakhstan que 90 jours au plus sur toute période de 180 jours. Sortir et revenir ne remet plus le compteur à zéro depuis le 27 janvier 2023. Une autorisation valide n'empêchera pas un refus d'entrée si votre quota est épuisé.
Les enfants et les passagers en transit ont-ils besoin de l'autorisation ?
Selon la foire aux questions de la plateforme, les enfants de moins de 16 ans (une réponse dit 18, l'écart n'est pas tranché) et les personnes de 65 ans et plus sont dispensés. Le transit sans autorisation n'est possible que dans la zone de transit d'un aéroport international, jusqu'à 3 jours. Le transit terrestre à travers le Kazakhstan compte comme une entrée et exige l'autorisation.
Peut-on demander l'autorisation avec un passeport intérieur russe ?
Oui. L'application QazETA accepte les passeports intérieurs des citoyens des pays qui peuvent entrer au Kazakhstan avec. L'autorisation est liée à un document précis : vous devez entrer avec le passeport pour lequel elle a été délivrée. Pour un passeport international biométrique, l'application exige la lecture sans contact de la puce.

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